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	<title>Demandez Le Programme</title>
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	<description>Demandezleprogramme est un agenda culturel et interactif en ligne, qui permet la rencontre entre les lieux culturels, les internautes et les artistes.</description>
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		<title>Demandez Le Programme</title>
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		<title>Violence and Son</title>
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		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans &#034;Iphig&#233;nie &#224; Splott&#034;, que le Th&#233;&#226;tre de Poche reprend en avril 2023, Gary Owen raconte le chemin de croix d'une laiss&#233;e-pour-compte, qui en se sacrifiant retrouve sa dignit&#233;. Sans mis&#233;rabilisme. C'est avec le m&#234;me humour grin&#231;ant et la m&#234;me empathie que dans &#034;Violence and son&#034;, il d&#233;crit les tensions entre des adultes brutaux et des jeunes vuln&#233;rables. Parfois dr&#244;le, cette com&#233;die soul&#232;ve de nombreuses questions sur la violence intra-familiale, la transmission des valeurs, l'h&#233;r&#233;dit&#233;, l'alcoolisme, la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &#034;Iphig&#233;nie &#224; Splott&#034;, que le Th&#233;&#226;tre de Poche reprend en avril 2023, Gary Owen raconte le chemin de croix d'une laiss&#233;e-pour-compte, qui en se sacrifiant retrouve sa dignit&#233;. Sans mis&#233;rabilisme. C'est avec le m&#234;me humour grin&#231;ant et la m&#234;me empathie que dans &#034;Violence and son&#034;, il d&#233;crit les tensions entre des adultes brutaux et des jeunes vuln&#233;rables. Parfois dr&#244;le, cette com&#233;die soul&#232;ve de nombreuses questions sur la violence intra-familiale, la transmission des valeurs, l'h&#233;r&#233;dit&#233;, l'alcoolisme, la notion de consentement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mort de sa m&#232;re a oblig&#233; Liam &#224; d&#233;m&#233;nager dans un trou perdu du Pays de Galles, pour vivre chez un inconnu : Rick, son p&#232;re biologique. Ce soir, le jeune homme a invit&#233; Jen &#224; revoir quelques &#233;pisodes de &#034;Doctor Who&#034;, une s&#233;rie de science-fiction d&#233;su&#232;te , dont tous les deux sont fans. Il aimerait bien partager avec elle d'autres plaisirs, mais les filles l'intimident. Jen appr&#233;cie sa compagnie : &#034;Je peux vraiment te parler. Les gar&#231;ons ici, en gros, ils grognent.&#034; Pourtant elle h&#233;site &#224; casser avec Jordan, un rugbyman tr&#232;s prometteur. En d&#233;barquant dans leur salon, Rick et Suze, sa compagne, affichent sans complexe leur vulgarit&#233;. Cependant ils accueillent chaleureusement l'amie de Liam, en l'invitant &#224; partager leurs frites. Jen pr&#233;f&#232;re rentrer chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pluie l'en emp&#234;chera. Sa pr&#233;sence r&#233;veille le machisme conqu&#233;rant de Rick. Soulag&#233; que son fils ne soit pas une tapette, il veut lui faire profiter de son exp&#233;rience de tombeur. Durant ces t&#234;te-&#224;-t&#234;te, les deux hommes r&#232;glent leurs comptes. Liam reproche &#224; son g&#233;niteur d'avoir abandonn&#233; l&#226;chement sa m&#232;re. Oblig&#233; de vivre avec cet alcoolique, il se sent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment seul. Rick tente de se justifier, mais tr&#232;s vite c&#232;de &#224; la brutalit&#233;, dont il aime se vanter. Pourtant il promet de renoncer &#224; ses cannettes et Liam ne boude pas ses conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en sc&#232;ne adroite de Jean-Michel Van Den Eeyden ma&#238;trise la tension dramatique et pousse chaque com&#233;dien &#224; r&#233;v&#233;ler progressivement la complexit&#233; de son personnage. On sent d'embl&#233;e que Rick se prend pour un m&#226;le dominant, fier d'avoir cass&#233; la gueule &#224; un rival. Jean-Luc Couchard joue les matamores, mais sous l'outrance percent les f&#234;lures. Cet homme belliqueux, imbu de lui-m&#234;me a des regrets : &#034;Je bois depuis que j'ai quatorze ans.&#034; Magali Pinglaut fait bien sentir que, sous une apparence provocante, Suze recherche la s&#233;r&#233;nit&#233;. Elle encourage Liam &#224; tenter sa chance, mais sans lui forcer la main. Contrairement &#224; Rick, dont la violence menace leur vie commune. Adrien De Biasi incarne un Liam d&#233;boussol&#233; par la disparition de sa m&#232;re. Sans argent, il est condamn&#233; &#224; subir une cohabitation toxique, qui perturbe ses relations sentimentales. L&#233;one Fran&#231;ois est une Jen tiraill&#233;e entre l'enfant et l'adulte. Comme Liam, elle balbutie sa vie. Mais c'est une jeune fille plus lucide. Elle ne se sent pas &#224; l'aise dans ce milieu paum&#233; et lorsque'elle d&#233;couvre la blessure de Liam, elle l'incite &#224; rompre avec la violence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cor utilis&#233; par la sc&#233;nographe Sofia Dilinos est astucieux. Des panneaux pivotants, incrust&#233;s de portes, sugg&#232;rent diff&#233;rentes pi&#232;ces. En se rapprochant, ils r&#233;tr&#233;cissent le salon et rendent l'atmosph&#232;re de ce huis clos plus &#233;touffante. &#034;Violence and son&#034; nous sensibilise &#224; diff&#233;rents probl&#232;mes de relations humaines, en &#233;vitant tout didactisme. Gary Owen construit des personnages qui nous touchent, parce qu'il leur permet d'avoir &#224; la fois tort et raison. Subtile, mordante, parfois cocasse, sa com&#233;die, jou&#233;e par quatre com&#233;diens talentueux, m&#233;rite l'adh&#233;sion enthousiaste du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;mailto: jean@demandezleprogramme.be&#034; class='spip_mail'&gt;Jean Campion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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		<title>Ivanov</title>
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		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



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&lt;p&gt;Durant ses &#233;tudes, Georges Lini s'&#233;tait attaqu&#233; au th&#233;&#226;tre de Tchekhov et avait &#233;t&#233; d&#233;&#231;u par cet auteur &#034;chiant&#034;. En l'incitant &#224; lire &#034;Ivanov&#034;, sa pi&#232;ce pr&#233;f&#233;r&#233;e, Vincent Lecuyer l'a pouss&#233; &#224; revoir son jugement. Coup de foudre ! Mise en valeur par la traduction subtile d'Andr&#233; Markowicz et Fran&#231;oise Morvan, cette com&#233;die dramatique met aux prises un antih&#233;ros qui cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment un sens &#224; son existence et une soci&#233;t&#233; au bord du gouffre. Proche de la n&#244;tre. Une ressemblance soulign&#233;e par l'intrusion des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Durant ses &#233;tudes, Georges Lini s'&#233;tait attaqu&#233; au th&#233;&#226;tre de Tchekhov et avait &#233;t&#233; d&#233;&#231;u par cet auteur &#034;chiant&#034;. En l'incitant &#224; lire &#034;Ivanov&#034;, sa pi&#232;ce pr&#233;f&#233;r&#233;e, Vincent Lecuyer l'a pouss&#233; &#224; revoir son jugement. Coup de foudre ! Mise en valeur par la traduction subtile d'Andr&#233; Markowicz et Fran&#231;oise Morvan, cette com&#233;die dramatique met aux prises un antih&#233;ros qui cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment un sens &#224; son existence et une soci&#233;t&#233; au bord du gouffre. Proche de la n&#244;tre. Une ressemblance soulign&#233;e par l'intrusion des com&#233;diens dans le public et le dispositif bifrontal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Borkine (Thierry Janssen), gestionnaire de la propri&#233;t&#233; d'Ivanov (Vincent Lecuyer), peste contre sa passivit&#233;. Il pr&#233;f&#232;re lire et continuer &#224; s'endetter, plut&#244;t que de gagner facilement de l'argent, en suivant ses suggestions. Le docteur Luov (Fran&#231;ois Sauveur) lui reproche aussi son inertie. La maladie de sa femme Anna Petrovna (Anne-Pascale Clairembourg) s'aggrave. Une cure en Crim&#233;e pourrait la soulager. Refus cat&#233;gorique d'Ivanov : il ne peut pas lui offrir ce luxe. En r&#233;alit&#233;, pendant plusieurs ann&#233;es, il a aim&#233; sinc&#232;rement cette femme juive, qui a renonc&#233; &#224; sa religion pour l'&#233;pouser. Mais maintenant, son amour, sa tuberculose le laissent indiff&#233;rent. D&#233;sar&#231;onn&#233;, il &#034;se sent profond&#233;ment coupable, mais ne comprend pas en quoi consiste sa faute&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les petits bourgeois qu'il c&#244;toie chez les Lebedev ne se posent pas de questions. Ils se contentent de jouer leur r&#244;le, en respectant les conventions sociales. Ils font la f&#234;te, colportent des ragots, se chamaillent, boivent comme des trous... Une agitation qui leur donne l'illusion de vivre. Chabelski (Pietro Pizzuti) &#233;tait riche, relativement heureux. Il est devenu un parasite, un bouffon : &#034;Je m'indigne, je crache mon m&#233;pris et &#231;a fait rire tout le monde.&#034; Babakina (France Bastoen) est une veuve fortun&#233;e, qui aimerait bien l'&#233;pouser. Pour devenir comtesse. Kossyh (St&#233;phane Fenocchi) est obs&#233;d&#233; par les jeux de cartes. Nazarovna (C&#233;cile Van Snick) se vante de ses talents de marieuse et Doudkine (F&#233;lix Vannoorenberghe) est un pique-assiette qui a beaucoup d'aplomb.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zinaida (Marie-Paule Kumps) est heureuse de recevoir cette faune remuante. Cependant son avarice et ses pr&#233;jug&#233;s en font une cr&#233;anci&#232;re impitoyable. Ivanov n'aura droit &#224; aucun d&#233;lai, pour rembourser ses dettes. Comme la plupart de ses &#034;amis&#034;, elle croit que celui-ci a &#233;pous&#233; Anna Petrovna, la &#034;youpine&#034;, par int&#233;r&#234;t, alors que les parents de la jeune fille, se sentant trahis, l'ont d&#233;sh&#233;rit&#233;e. Lorsque sa fille Sacha ( M&#233;lissa Diarra) lui avoue aimer Ivanov et pr&#233;tend l'&#233;pouser, m&#234;me sans dot, Zinaida pique une crise de nerfs. Lebedev, son mari (Luc Van Grunderbeeck) lui ob&#233;it &#224; contre-coeur. Cet homme d&#233;sabus&#233;, qui attend la mort en se so&#251;lant, a des acc&#232;s de g&#233;n&#233;rosit&#233;. Il s'incline devant la d&#233;termination de sa fille et souhaite sinc&#232;rement son bonheur. Impressionn&#233; par l'amour fervent de Sacha, Ivanov s'interroge : est-il capable de la rendre heureuse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si Ivanov nous d&#233;&#231;oit par sa paresse, son immobilisme, son indiff&#233;rence, sa l&#226;chet&#233;, il a le m&#233;rite de s'&#233;lever au-dessus de la m&#234;l&#233;e. Il refuse la m&#233;diocrit&#233; des autres personnages, parfois complexes, mais qui se contentent de vivre en sursis. L'exub&#233;rance de cette soci&#233;t&#233; qui se nourrit de beuveries, de jeux et de comm&#233;rages s'oppose violemment &#224; la r&#233;serve m&#233;lancolique de l'antih&#233;ros. En m&#234;lant des com&#233;diens d&#233;bordant de vitalit&#233; aux spectateurs qui se font face, la mise en sc&#232;ne de Georges Lini nous plonge au coeur de cet affrontement. Toujours pr&#233;sents sur le plateau, les personnages entendent ce qui se dit sur eux et mesurent la puissance destructrice des cancans. Cr&#233;&#233;e en 1887, la pi&#232;ce de Tchekhov trouve des &#233;chos sinistres dans notre soci&#233;t&#233; malade et d&#233;boussol&#233;e. La troupe d'excellents com&#233;diens, dirig&#233;e avec rigueur par Georges Lini, nous le confirme avec brio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;mailto: jean@demandezleprogramme.be&#034; class='spip_mail'&gt;Jean Campion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Est-ce qu'on ne pourrait pas s'aimer un peu ?</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/Est-ce-qu-on-ne-pourrait-pas-s-aimer-un-peu-3877</link>
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		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



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&lt;p&gt;&#034;Est-ce qu'on ne pourrait pas s'aimer un peu ?&#034;a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; il y a 22 ans, au Th&#233;&#226;tre des Riches-Claires, par le trio qui f&#234;te aujourd'hui sa 1200e repr&#233;sentation. Fuyant le romantisme &#224; l'eau de rose, les auteurs ont mis&#233; sur l'absurde pour montrer, en particulier aux ados, les pi&#232;ges tendus par le &#034;grand amour&#034;. Si pas mal de jeunes ont contest&#233; cette d&#233;mystification, des publics chaleureux ont applaudi l'originalit&#233; de ce spectacle r&#233;jouissant. Comme les grands films muets de Charlie Chaplin, il d&#233;fie le (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Est-ce qu'on ne pourrait pas s'aimer un peu ?&#034;a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; il y a 22 ans, au Th&#233;&#226;tre des Riches-Claires, par le trio qui f&#234;te aujourd'hui sa 1200e repr&#233;sentation. Fuyant le romantisme &#224; l'eau de rose, les auteurs ont mis&#233; sur l'absurde pour montrer, en particulier aux ados, les pi&#232;ges tendus par le &#034;grand amour&#034;. Si pas mal de jeunes ont contest&#233; cette d&#233;mystification, des publics chaleureux ont applaudi l'originalit&#233; de ce spectacle r&#233;jouissant. Comme les grands films muets de Charlie Chaplin, il d&#233;fie le temps, en privil&#233;giant le comique visuel, pour susciter les &#233;motions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Arborant des tignasses provocantes, un nez rouge et des v&#234;tements excentriques, un homme et une femme s'installent aux extr&#233;mit&#233;s d'un grand divan. Le trac les paralyse. Encourag&#233;s par la musique, ils tentent de timides rapprochements. Avec une gaucherie cocasse. Au deuxi&#232;me round, les masques tombent. L'homme se montre plus entreprenant, mais exasp&#233;r&#233; par la fausse pudeur de l'objet de ses d&#233;sirs, il critique s&#232;chement son hypocrisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dizaine d'autres s&#233;quences illustreront avec un humour tendre ou caustique diff&#233;rents dangers qui menacent la coh&#233;sion du couple. Par exemple l'&#233;go&#239;sme aveugle du mari de Chantal. Imbu de lui-m&#234;me, il lui coupe syst&#233;matiquement la parole, pour p&#233;rorer sur la r&#233;ussite de leur union. On comprend la rage et les d&#233;sirs de meurtre de cette femme ignor&#233;e. Parfois le bonheur fait peur. Deux amants qui viennent de faire l'amour discutent de leurs sentiments. Chaque jour elle l'aime davantage. Lui, pr&#233;tend &#233;prouver la m&#234;me sensation, mais brutalement... la quitte. La jalousie bien s&#251;r est un poison. Il suffit qu'Eric De Staercke sourie gentiment &#224; une spectatrice pour que Sandrine Hooge la fusille du regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce spectacle insolite nous intrigue, nous s&#233;duit et nous fait souvent &#233;clater de rire, c'est parce qu'il utilise efficacement le langage du cirque. Acteurs et metteur en sc&#232;ne sont reli&#233;s par le cha&#238;non du clown : &#034;Nous avons cr&#233;&#233; davantage dans l'action que dans la r&#233;flexion, presque spontan&#233;ment, sans prise de t&#234;te.&#034; Form&#233;e &#224; l'Ecole du cirque, Sandrine Hooge nous &#233;pate par l'audace de ses cabrioles et l'&#233;lasticit&#233; de son corps. Comme sa partenaire, Eric De Staercke privil&#233;gie le mime, pour exprimer la na&#239;vet&#233;, la pr&#233;tention ou la brutalit&#233;. Tous deux se contorsionnent dans des bagarres, dont la violence fait grimacer leurs visages en caoutchouc. La mise en sc&#232;ne pr&#233;cise et inventive de Jaco Van Dormael fait &#233;merger des images signifiantes, tout en imposant &#224; la repr&#233;sentation un rythme haletant. Serge Bodart soutient musicalement le spectacle, mais quitte parfois son piano, pour rendre service &#224; sa femme. Un mari plan-plan , &#224; l'oppos&#233; des &#233;nergum&#232;nes maladroits en amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leur agressivit&#233; et leurs &#233;checs, ces paum&#233;s inspirent la sympathie. Les sc&#232;nes burlesques, qui soulignent leur peur de la solitude et leur refus de l'indiff&#233;rence nous touchent davantage que certaines parodies plus gratuites. Les &#233;changes entre Inge et Kurt se contentent de ridiculiser la raideur germanique. Et le pastiche de vaudeville se borne &#224; agiter des marionnettes. Cependant le public conquis justifie par son enthousiasme, une nouvelle reprise de cette com&#233;die inoxydable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Je m&#232;ne une vie sc&#232;ne</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/Je-mene-une-vie-scene-3875</link>
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		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans &#034;Andropause&#034; (2019), Bruno Coppens baissait le masque , pour nous confier son parcours singulier et r&#233;v&#233;ler &#034;l'homme avec ses f&#234;lures, ses doutes, ses questions.&#034; Ce dialogue avec son public dissipait sa crainte du vieillissement et bourr&#233; d'&#233;nergie, il nous poussait &#224; mordre dans la vie. Un &#233;lan cass&#233; brutalement par la pand&#233;mie. Apr&#232;s des mois de frustration, le &#034;trublion m&#233;lancomique&#034; retrouve la sc&#232;ne et le plaisir d'entra&#238;ner les spectateurs dans son univers d&#233;cal&#233;. Les plaisanteries sur leur (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &#034;Andropause&#034; (2019), Bruno Coppens baissait le masque , pour nous confier son parcours singulier et r&#233;v&#233;ler &#034;l'homme avec ses f&#234;lures, ses doutes, ses questions.&#034; Ce dialogue avec son public dissipait sa crainte du vieillissement et bourr&#233; d'&#233;nergie, il nous poussait &#224; mordre dans la vie. Un &#233;lan cass&#233; brutalement par la pand&#233;mie. Apr&#232;s des mois de frustration, le &#034;trublion m&#233;lancomique&#034; retrouve la sc&#232;ne et le plaisir d'entra&#238;ner les spectateurs dans son univers d&#233;cal&#233;. Les plaisanteries sur leur &#226;ge, leurs transformations en sapins et les photos de famille soulignent la connivence entre l'artiste et son public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Juch&#233; sur la bicyclette qui lui a permis de garder la forme, malgr&#233; le confinement, le com&#233;dien est rayonnant. S'il p&#233;dale all&#232;grement, c'est pour lutter contre la crise &#233;nerg&#233;tique. Ses efforts permettront d'&#233;clairer les trois salles du &#034;Public&#034;. Ce v&#233;lo reliera plusieurs s&#233;quences, puisqu'il deviendra une harpe, le bureau d'un &#034;gologop&#232;de&#034; et le v&#233;hicule d'un D&#233;lveroo. Dans la lign&#233;e de ses caf&#233;s serr&#233;s, Bruno Coppens vise diff&#233;rentes cibles avec un humour grin&#231;ant. Des vannes sur les politiciens incomp&#233;tents, ind&#233;tr&#244;nables et sur des Fran&#231;ais pr&#233;tentieux qui regardent de haut une Belgique, qu'ils ignorent. Leur m&#233;moire n'a retenu que le roi Baudouin et l'irr&#233;sistible Michel Dardenne. Les Wallons horripilent tout autant l'humoriste. Par leur passivit&#233; devant les multiples reports du RER et les chantiers hors de prix qu s'&#233;ternisent. Autre source d'exasp&#233;ration : la d&#233;shumanisation. Bruno Coppens s'est r&#233;volt&#233; contre le robot int&#233;gr&#233; dans son ordinateur, quand celui-ci a eu l'impudence de lui poser une question ridiculement simple, pour v&#233;rifier... s'il n'est pas un robot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet h&#233;ritier de Sol et de Raymond Devos nous fait partager sa passion pour la langue fran&#231;aise. Il plaint les mots orphelins comme &#034;belge, goinfre, monstre, etc.&#034; qui ne riment avec aucun autre. Il nous montre aussi que si un Canadien, un Fran&#231;ais, un Belge ou un Suisse utilisent une expression locale, pour exprimer la m&#234;me id&#233;e, ils risquent de s'enliser dans les malentendus. Cet inventeur de mots tordus, tremplins de d&#233;lires po&#233;tiques, est bien d&#233;cid&#233; &#224; r&#233;diger une Grammaire Gr&#233;viste. Son sens de l'absurde lui fait imaginer un dialogue burlesque entre un enfant dyslexique et son &#034;gologop&#232;de&#034;, tout aussi maladroit. Bruno Coppens aime autant les sonorit&#233;s que le sens des mots, mais ne voit pas d'images. Contrairement &#224; Eric De Staercke, son vieux complice, qui transforme les jeux de mots en situations concr&#232;tes. Expos&#233;es &#224; la gare des Guillemins, les montres molles de Dali influencent les trains qui, en ralentissant, agacent les voyageurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raymond Devos aurait 100 ans... Bruno le fait revivre avec ferveur et tact par la voix, la gestuelle et des variations dr&#244;les et tendres sur son gros ventre. Ce ventre qu'il exhibait g&#233;n&#233;reusement et qui engloutissait &#034;le petit poussin mignon &#224; croquer&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Fontaine est un autre phare pour ce jongleur de mots, qui s'amuse &#224; nous r&#233;citer &#034;Le Corbeau et le renard&#034; en verlan, puis actualise &#034;Le Ch&#234;ne et le roseau&#034;. Soutenu par des lumi&#232;res crues, il illustre le d&#233;fi lanc&#233; par l'ours arrogant Vladimir Poutine au fragile mais coriace Volodymyr Zelinsky. Des rafales de n&#233;ologismes, des explosions de col&#232;re pour d&#233;noncer la guerre dans toute sa b&#234;tise, dans toute son horreur. Toutes les s&#233;quences n'ont pas ce brio. Ainsi la parodie du &#034;Sud&#034; de Nino Ferrer manque d'originalit&#233;. Mais ce spectacle confirme l'osmose entre l'artiste et son public. On admire sa ma&#238;trise et on comprend que la sc&#232;ne qui le galvanise est un garant de sa sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;mailto: jean@demandezleprogramme.be&#034; class='spip_mail'&gt;Jean Campion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;``&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Perfect Day</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/A-Perfect-Day-3874</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;Si tu as envie d'&#233;crire un texte pour moi, c'est le moment.&#034; En faisant appel &#224; Genevi&#232;ve Damas, qu'elle conna&#238;t depuis plus de vingt ans, H&#233;l&#232;ne Theunissen souhaitait sortir d'une p&#233;riode difficile. Pour &#233;crire &#034;A Perfect day&#034;, son amie l'a longuement interrog&#233;e sur son pass&#233;. Mais ce monologue n'est pas autobiographique, il refl&#232;te simplement les ressentis d'H&#233;l&#232;ne Theunissen. Des ressentis que peuvent conna&#238;tre bien d'autres femmes entr&#233;es dans la soixantaine. Cette r&#233;flexion sur le temps qui passe, la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Si tu as envie d'&#233;crire un texte pour moi, c'est le moment.&#034; En faisant appel &#224; Genevi&#232;ve Damas, qu'elle conna&#238;t depuis plus de vingt ans, H&#233;l&#232;ne Theunissen souhaitait sortir d'une p&#233;riode difficile. Pour &#233;crire &#034;A Perfect day&#034;, son amie l'a longuement interrog&#233;e sur son pass&#233;. Mais ce monologue n'est pas autobiographique, il refl&#232;te simplement les ressentis d'H&#233;l&#232;ne Theunissen. Des ressentis que peuvent conna&#238;tre bien d'autres femmes entr&#233;es dans la soixantaine. Cette r&#233;flexion sur le temps qui passe, la com&#233;dienne a tenu &#224; l'&#233;clairer par le regard de la jeunesse. C'est pourquoi, elle a confi&#233; sa mise en sc&#232;ne &#224; Lara Ceulemans (31 ans), dont elle avait d&#233;j&#224; appr&#233;ci&#233; la pertinence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis que sa m&#232;re est atteinte de la maladie d'Alzheimer, Marie Couturier veille sur elle, avec une tendresse de maman. Mais malgr&#233; les bains, son corps, gav&#233; de m&#233;dicaments, exhale une odeur r&#233;pugnante. Un supplice pour cette cr&#233;atrice de parfums. Hors de question pourtant qu'elle soit abandonn&#233;e dans une maison de repos. Marie se souvient avec attendrissement de cette m&#232;re, qui mettait tout son honneur &#224; sortir avec six enfants...impeccables. Elle ne voudrait pas non plus la priver du bonheur que lui offre une journ&#233;e &#224; Coxyde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;par&#233;s depuis 14 ans, Marie et St&#233;phane ont gard&#233; de bonnes relations. T&#233;moin, le repas de No&#235;l qu'ils partagent avec leur fille, &#034;la r&#233;ussite de leur couple&#034;. Si St&#233;phane est heureux avec Chantal, Marie se persuade qu'&#224; 64 ans, elle n'a plus l'&#226;ge de vivre un grand amour. Elle juge son corps avec une s&#233;v&#233;rit&#233; impitoyable. Ses beaux yeux verts et ses dents bichonn&#233;es ne masquent pas les pattes d'oie et les bras frip&#233;s. Inscrite sur un site de rencontres, elle est d&#233;sagr&#233;ablement surprise par l'&#226;ge avanc&#233; des hommes int&#233;ress&#233;s. Constatation cruelle att&#233;nu&#233;e par sa fille. Justine a rompu avec son amoureux, qu'elle juge trop plan-plan et ne tarit pas d'&#233;loges sur son nouvel amant. Quand elle apprend que cet homme a des enfants qui ont atteint la quarantaine, Marie se sent revigor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dot&#233;e d'une sensibilit&#233; olfactive exceptionnelle, Marie Couturier est devenue un &#034;nez&#034; r&#233;put&#233;. Son parfum &#034;Valparaiso&#034; a remport&#233; un &#233;norme succ&#232;s. La directrice de sa bo&#238;te voudrait que cette r&#233;ussite professionnelle la rende plus conqu&#233;rante. Elle la pousse &#224; fr&#233;quenter les d&#238;ners mondains, lui montre l'exemple d'une femme m&#251;re, qui lutte contre l'usure du temps gr&#226;ce &#224; la chirurgie esth&#233;tique. Peu convaincue, Marie accepte une derni&#232;re mission avant la retraite : inventer un nouveau parfum destin&#233; aux femmes de son &#226;ge (disons la quarantaine !). Pour la seconder, elle choisit parmi trois candidat(e)s, un collaborateur : Alexis, nettement plus jeune qu'elle...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fluidit&#233; de la mise en sc&#232;ne a&#232;re le monologue. Nous passons de la loge d'H&#233;l&#232;ne qui revient sur son pass&#233; &#224; l'appartement de Marie qui observe le vieillissement de son corps et revit des &#233;motions : joie, d&#233;sillusion, doute, panique, espoir. Autre rapprochement entre r&#233;alit&#233; et fiction : le cadreur Gaspard Audouin filmant H&#233;l&#232;ne sugg&#232;re la relation qui s'&#233;tablit entre Alexis et Marie. En &#233;clairant les liens qui unissent l'h&#233;ro&#239;ne &#224; sa m&#232;re et &#224; sa fille, Genevi&#232;ve Damas illustre subtilement les cycles de la vie. Contrairement aux pr&#233;jug&#233;s et aux st&#233;r&#233;otypes, l'&#233;volution physique et morale de la femme ne devrait pas la condamner au d&#233;clin et au renoncement. H&#233;l&#232;ne Theunissen ma&#238;trise remarquablement ce texte incisif, sans fioritures, o&#249; se m&#234;lent &#233;motions retenues et humour mordant. Marie n'est pas une revendicatrice, mais une femme sinc&#232;re, qui nous touche par ses doutes et sa difficult&#233; &#224; saisir sa chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;mailto: jean@demandezleprogramme.be&#034; class='spip_mail'&gt;Jean Campion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une Fable s&#233;duisante et terrible</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/Une-Fable-seduisante-et-terrible</link>
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		<dc:date>2022-11-28T16:31:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En 2019, Thierry Debroux proposait une adaptation angoissante de &#034;1984&#034;, le chef- d'oeuvre de Georges Orwell, paru en 1949. Pris &#224; partie par la mise en sc&#232;ne ing&#233;nieuse de Patrice Mincke, le public &#233;tait plong&#233; dans l'univers cauchemardesque de ce roman pr&#233;monitoire. Orwell fait preuve de la m&#234;me lucidit&#233; dans &#034;La Ferme des animaux&#034;. Ce r&#233;cit satirique d&#233;mystifie la r&#233;volution russe et d&#233;nonce les m&#233;faits du stalinisme. Des mises en garde malheureusement de plus en plus d'actualit&#233;. C'est pourquoi il (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2019, Thierry Debroux proposait une adaptation angoissante de &#034;1984&#034;, le chef- d'oeuvre de Georges Orwell, paru en 1949. Pris &#224; partie par la mise en sc&#232;ne ing&#233;nieuse de Patrice Mincke, le public &#233;tait plong&#233; dans l'univers cauchemardesque de ce roman pr&#233;monitoire. Orwell fait preuve de la m&#234;me lucidit&#233; dans &#034;La Ferme des animaux&#034;. Ce r&#233;cit satirique d&#233;mystifie la r&#233;volution russe et d&#233;nonce les m&#233;faits du stalinisme. Des mises en garde malheureusement de plus en plus d'actualit&#233;. C'est pourquoi il est heureux que Thierry Debroux nous en propose une version musicale accessible &#224; tous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s un court pr&#233;ambule qui justifie la statue du cochon, le rideau se l&#232;ve sur un d&#233;cor imposant. Modulable, il permet d'encha&#238;ner les s&#233;quences sur un rythme vif. Une dizaine de com&#233;diens, associ&#233;s &#224; de jeunes talents, jouent plusieurs r&#244;les, chantent et dansent. Leur vitalit&#233; nous entra&#238;ne dans un spectacle color&#233; et p&#233;tillant. On savoure les cr&#233;ations musicales de Laurent Beumier. On appr&#233;cie la singularit&#233; des masques, le pouvoir de suggestion des costumes et la qualit&#233; des chor&#233;graphies, orchestr&#233;es par Emmanuelle Lamberts. Cependant si cette com&#233;die r&#233;gale les yeux et les oreilles, elle permet aussi, par sa limpidit&#233;, de comprendre les avertissements de Georges Orwell, qui a publi&#233; cette fable en 1945, un peu avant le d&#233;but de la guerre froide. Une p&#233;riode de tensions parall&#232;le &#224; la n&#244;tre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inspir&#233; par un r&#234;ve, Sage l'Ancien, le cochon le plus &#226;g&#233;, pr&#244;ne l'&#233;galit&#233; entre les animaux. Il les incite &#224; s'unir et &#224; se rebeller contre le fermier Mr Jones, qui les traite en esclaves. Convaincus, ils entonnent un chant des partisans. Exasp&#233;r&#233; par le vacarme, Jones tire des coups de carabine &#224; l'aveuglette, les animaux regagnent leurs cages. Quelques jours apr&#232;s son discours, Sage l'Ancien meurt. Mais son r&#234;ve se r&#233;alise. Affam&#233;s, les animaux attaquent les ouvriers de Jones, chassent tous les hommes et prennent possession du domaine, qu'ils baptisent &#034;La Ferme des animaux&#034;. Boule-de-Neige, C&#233;sar et Beau-Parleur, trois cochons choisis pour leur intelligence sup&#233;rieure, &#233;laborent les sept commandements qui la r&#233;gissent, le premier &#233;tant : &#034;Tout deux pattes est un ennemi.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les animaux mangent &#224; leur faim et sont heureux. Pas tous ! Incapable de r&#233;sister aux sucres et aux flatteries, la jument Molly pactise avec les humains. Plus grave : l'hostilit&#233; entre les chefs, constamment en d&#233;saccord. Puisque Boule-de-Neige veut faire construire un moulin &#224; vent, C&#233;sar est contre. Bien d&#233;cid&#233; &#224; accaparer le pouvoir, celui-ci calomnie puis chasse son rival. La voie est libre pour imposer une dictature fond&#233;e sur l'hypocrisie, le mensonge et la trahison. On ajoute par exemple &#224; &#034;Nul animal ne tuera un autre animal.&#034; (6e commandement) &#034;sans raison valable&#034;. Devenu tout-puissant, C&#233;sar instaure un culte de la personnalit&#233; et favorise la race sup&#233;rieure des cochons, qui dor&#233;navant marchent sur deux pattes. Lorsqu'il vante l'int&#233;r&#234;t du commerce avec les hommes, les animaux sont d&#233;concert&#233;s. Beau-Parleur r&#233;ussit habilement &#224; leur faire accepter ce revirement. Tout en leur promettant une am&#233;lioration de leurs conditions de vie, le dictateur leur impose un travail harassant. Hercule, un vieux cheval stakhanoviste, en est victime. Il serait mort d'&#233;puisement... &#224; l'h&#244;pital. Fake-news ! Un fourgon a emmen&#233; ce travailleur, d&#233;sormais inutile, &#224; l'&#233;quarrissage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cochons et hommes sont entour&#233;s de toute une faune symbolique, repr&#233;sentant &#034;les animaux&#034;. La rigueur de la mise en sc&#232;ne emp&#234;che ce foisonnement de disperser notre attention. Nous nous attachons aux principaux protagonistes : Sage l'Ancien (Thierry Janssen) d&#233;clencheur de la r&#233;volution, Boule-de-Neige (Fabian Finkels) opposant h&#233;ro&#239;que &#224; C&#233;sar (David Pion), tyran soutenu par le rus&#233; Beau-Parleur (Guy Pion). On sort de ce spectacle &#233;bloui et perplexe. Quand ferons-nous taire C&#233;sar ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;mailto: jean@demandezleprogramme.be&#034; class='spip_mail'&gt;Jean Campion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Violence, un poison qui gangr&#232;ne la famille</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/La-Violence-un-poison-qui-gangrene-la-famille</link>
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		<dc:date>2022-11-24T10:54:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans &#034;Cingl&#233;e&#034; (2009), C&#233;line Delbecq d&#233;crit le comportement d'une femme simple, na&#239;ve, boulevers&#233;e par la banalisation des f&#233;minicides. Solidaire des victimes, celle-ci lutte avec acharnement contre leur oubli. Un combat qui la condamne &#224; perdre pied dans un monde indiff&#233;rent. Autrice et actrice des &#034;Yeux noirs&#034;, un triptyque qu'elle joue avec S&#233;bastien Bonnamy, C&#233;line Delbecq interroge &#224; nouveau la reproduction de la violence conjugale. Dans ces trois textes, celle-ci est un venin qui empoisonne la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &#034;Cingl&#233;e&#034; (2009), C&#233;line Delbecq d&#233;crit le comportement d'une femme simple, na&#239;ve, boulevers&#233;e par la banalisation des f&#233;minicides. Solidaire des victimes, celle-ci lutte avec acharnement contre leur oubli. Un combat qui la condamne &#224; perdre pied dans un monde indiff&#233;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrice et actrice des &#034;Yeux noirs&#034;, un triptyque qu'elle joue avec S&#233;bastien Bonnamy, C&#233;line Delbecq interroge &#224; nouveau la reproduction de la violence conjugale. Dans ces trois textes, celle-ci est un venin qui empoisonne la vie familiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &#034;PHARE&#034;, une femme est tiraill&#233;e entre la n&#233;cessit&#233; de fuir un mari tyrannique et le d&#233;sir de continuer &#224; partager la vie d'un homme, qu'elle ne peut s'emp&#234;cher d'aimer. Depuis 14 ans, ils vivent dans ce phare, subissant les assauts des vagues impr&#233;visibles, changeantes. Beno&#238;t est devenu gardien, en succ&#233;dant &#224; son p&#232;re. Elle l'aurait suivi n'importe o&#249;. &#034;La mer me l'a rendu fou.&#034; Un petit retard suffit &#224; d&#233;clencher sa hargne. Rou&#233;e de coups, elle se persuade que c'est un &#034;autre&#034; qui la cogne. Quand baignant dans son sang, elle l'entend pianoter toujours la m&#234;me petite musique, elle imagine son mari enfant. Ses yeux noirs effar&#233;s encaissent les coups ass&#233;n&#233;s par son p&#232;re &#224; sa maman. &#034;Un d&#233;sastre qui lui rentre dans la peau &#224; tout jamais&#034;. Cependant son d&#233;sir de le consoler est balay&#233; par sa r&#233;volte contre son bourreau. Son fils a peur que ses cris le r&#233;veillent. Sa fille s'empresse de frotter les traces rouge&#226;tres. Il faut partir, &#034;avant que les vagues ne nous enterrent&#034;. Malgr&#233; sa douleur et les menaces de &#034;l'autre&#034;. C&#233;line Delbecq vit la d&#233;tresse de cette amoureuse pi&#233;tin&#233;e, avec une intensit&#233; poignante. Sa gestuelle et ses changements de ton rendent palpables les contradictions qui la paralysent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marchant rageusement sur un tapis roulant, S&#233;bastien Bonnamy incarne un jeune homme qui s'enfonce dans &#034;LA NUIT NOIRE&#034;. En esp&#233;rant que Chiara, son amour, le rattrape. Les commentaires qu'il s'adresse &#233;clairent progressivement son d&#233;sarroi. Il f&#234;tait ses vingt ans, mais la soir&#233;e a mal tourn&#233;. A chaque anniversaire, les nuits noires de sa vie ressurgissent. Celles o&#249; il aurait voulu &#034;faire bouclier de son petit corps d'enfant&#034;, pour prot&#233;ger sa maman des coups de son p&#232;re. Lorsqu'&#224; la f&#234;te, il a surpris des sourires complices entre Chiara, la douceur de sa vie et ce fils de pute, il a vu rouge. Arm&#233; d'un tesson de bouteille, il voulait le d&#233;foncer, venger l'enfant impuissant, &#034;&#234;tre quelqu'un&#034;. Comme son p&#232;re ?... Non ! Le refus de perdre Chiara le lib&#232;re des fant&#244;mes du pass&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La langue percutante et po&#233;tique de ces monologues contraste violemment avec les dialogues familiers des &#034;OMBRES&#034;. Six instantan&#233;s qui nous font assister au dess&#232;chement d'un couple. LUI &#233;prouve un besoin maladif de l'entendre dire : &#034;Je t'aime&#034;. Les rendez-vous qu'ELLE est oblig&#233;e de donner &#224; ses clients les isolent et excitent sa jalousie. Elle a beau dissiper les malentendus, s'excuser, se montrer ob&#233;issante, il laisse les soup&#231;ons l'envahir. Son aveuglement et sa mauvaise foi le rendent de plus en plus tyrannique. Ivre, il la traite de sale pute et envoie promener le landau. Ce premier b&#233;b&#233; qu'elle attend, il en &#233;tait fier. Ce sera un fils ! Il s'inqui&#233;tait, quand elle &#034;faisait sa gueule de l'enfant est mort&#034;. Maintenant, il se demande si elle ne ferait pas mieux d'avorter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux com&#233;diens se compl&#232;tent efficacement, pour faire sentir que la d&#233;sagr&#233;gation de ce couple est grotesque, choquante et in&#233;luctable. Passant des insinuations aux critiques, puis aux coups de gueule et aux insultes, S&#233;bastien Bonnamy se laisse dominer par la violence. C&#233;line Delbecq s'appuie souvent sur des silences, des mimiques pour traduire la tol&#233;rance, la lucidit&#233; et le d&#233;sespoir de son personnage. La mise en sc&#232;ne &#233;pur&#233;e de Jessica Gazon imprime aux monologues un rythme tr&#232;s soutenu. Illustration int&#233;ressante de l'enlisement du couple dans &#034;Les Ombres&#034; : en manipulant des fils, LUI tisse une toile dans laquelle ELLE se d&#233;bat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette nouvelle cr&#233;ation confirme le grand talent de C&#233;line Delbecq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;mailto: jean@demandezleprogramme.be&#034; class='spip_mail'&gt;Jean Campion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;```&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Se battre comme un diable</title>
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		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



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&lt;p&gt;Depuis 34 ans, Genevi&#232;ve Damas et Isabelle Defoss&#233; ont vu leur amiti&#233; grandir et r&#233;sister &#224; l'usure du temps. Partenaires dans &#034;Stib&#034;, une pi&#232;ce de Genevi&#232;ve Damas(2009) , elles incarnaient deux femmes s&#233;par&#233;es par un foss&#233; profond, qui se d&#233;couvraient progressivement dans le regard de l'autre. &#034;Hors-jeu&#034; illustre &#224; nouveau la complexit&#233; de l'amiti&#233;. Tr&#232;s sportive et fan de foot, Genevi&#232;ve imagine que deux soeurs ont gagn&#233; &#224; la loterie, des places pour assister &#224; la Coupe du monde de football 2022. Les deux (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 34 ans, Genevi&#232;ve Damas et Isabelle Defoss&#233; ont vu leur amiti&#233; grandir et r&#233;sister &#224; l'usure du temps. Partenaires dans &#034;Stib&#034;, une pi&#232;ce de Genevi&#232;ve Damas(2009) , elles incarnaient deux femmes s&#233;par&#233;es par un foss&#233; profond, qui se d&#233;couvraient progressivement dans le regard de l'autre. &#034;Hors-jeu&#034; illustre &#224; nouveau la complexit&#233; de l'amiti&#233;. Tr&#232;s sportive et fan de foot, Genevi&#232;ve imagine que deux soeurs ont gagn&#233; &#224; la loterie, des places pour assister &#224; la Coupe du monde de football 2022. Les deux amies pourraient jouer les r&#244;les de Magda et d'Eva, ces jumelles chan&#231;ardes... Impossible ! Isabelle veut que sa voix serve &#224; ceux qui n'en ont pas. Elle refuse de cautionner le choix ridicule et scandaleux du Qatar. Pour calmer son indignation, Genevi&#232;ve lui propose de collaborer au texte. Elle pourra d&#233;noncer les p&#233;tro-oligarchies ? Oui ? Alors, c'est d'accord.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Culott&#233;e, Isabelle s'empresse de contacter des directeurs de th&#233;&#226;tre, pour leur vanter les qualit&#233;s de ce spectacle en construction. Un z&#232;le qui bute malheureusement sur des visions de la Coupe du monde diam&#233;tralement oppos&#233;es. Ces stades tout neufs, faut-il en appr&#233;cier l'&#233;l&#233;gance architecturale ou concr&#233;tisent-ils l'arrogance de nouveaux riches, insensibles &#224; la mis&#232;re des ouvriers qu'ils exploitent ? Les tensions entre Magda et Eva d&#233;teignent sur les com&#233;diennes. Vex&#233;e par Isabelle qui lui reproche de se contenter de coups d'un soir, Genevi&#232;ve la harc&#232;le de questions sur sa vie sexuelle. Celle-ci lui tient t&#234;te, au nom de son amour pour un mari plus &#226;g&#233; qu'elle. Des querelles qui cependant ne d&#233;racinent pas l'amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Hors-jeu&#034; s'articule entre la r&#233;alit&#233; des com&#233;diennes construisant leur spectacle et la fiction de leurs personnages. Les annonces au micro confirment au spectateur qu'il assiste &#224; des sc&#232;nes de th&#233;&#226;tre, mais le dispositif trifrontal lui donne l'impression d'&#234;tre dans un stade, une ar&#232;ne, pour assister aux affrontements entre Isa et Gene. Malgr&#233; leurs diff&#233;rences et leurs divergences, elles se battent pour tenter de donner du sens &#224; leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eden Hazard viendra leur rappeler l'importance de cet objectif, en leur lisant un texte de Francis Bacon. Eh oui ! Les dieux du stade viennent au secours des fans, dans &#034;cette histoire o&#249; on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui est faux&#034;. Elle bascule dans le conte de f&#233;es. Tout de blanc v&#234;tu, Michel Lecomte appara&#238;t comme un p&#232;re rassurant, qui encourage les h&#233;ro&#239;nes &#224; tenir bon et leur promet la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'elle supporte les diables rouges, Genevi&#232;ve Damas fantasme sur Kevin De Bruyne. Face &#224; son portrait, elle se lance dans un dialogue surr&#233;aliste, s'excusant de ne pas le poursuivre en n&#233;erlandais. Cet &#233;change entre la fan paniqu&#233;e et l'idole bourrue est hilarant. Il illustre la principale qualit&#233; de &#034;Hors-jeu&#034; : l'autod&#233;rision. M&#234;me si elles nous touchent parfois par certaines r&#233;v&#233;lations, les autrices-com&#233;diennes cherchent avant tout &#224; nous amuser. Sans se m&#233;nager. Ces f&#233;ministes osent m&#234;me danser sur &#034;Femmes des ann&#233;es 80&#034; de Michel Sardou, une chanson particuli&#232;rement machiste. Dommage que les diff&#233;rentes s&#233;quences ne s'encha&#238;nent pas sur un rythme plus vif. La pi&#232;ce souffre m&#234;me de certains temps morts. Cette lenteur incite &#224; comparer l'int&#233;r&#234;t de sc&#232;nes fort diversifi&#233;es. Cependant, gr&#226;ce &#224; leur punch et &#224; leur simplicit&#233;, les meneuses de jeu nous aident &#224; apprivoiser ce spectacle insolite et dr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;mailto: jean@demandezleprogramme.be&#034; class='spip_mail'&gt;Jean Campion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une Rencontre stimulante</title>
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		<dc:date>2022-11-07T14:10:36Z</dc:date>
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		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans un fouillis bucolique, au parfum d'arri&#232;re-saison, deux vieux gamins, culotte courte et grosses bottines, s'appr&#234;tent &#224; &#034;faire les Jacques&#034;. Pr&#233;venants ou fac&#233;tieux, ils invitent les spectateurs &#224; retrouver leur &#226;me d'enfant, pour s'amuser avec Pr&#233;vert. Gr&#226;ce au casque audio, chacun peut savourer les mots, parfois chuchot&#233;s par Nicolas Buysse et Greg Houben. Une relation intime qui ne nous isole pas. En t&#233;moignent les r&#233;actions euphoriques d'un public complice. &lt;br class='autobr' /&gt; Se partageant &#034;Dans ma maison&#034;, Greg (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un fouillis bucolique, au parfum d'arri&#232;re-saison, deux vieux gamins, culotte courte et grosses bottines, s'appr&#234;tent &#224; &#034;faire les Jacques&#034;. Pr&#233;venants ou fac&#233;tieux, ils invitent les spectateurs &#224; retrouver leur &#226;me d'enfant, pour s'amuser avec Pr&#233;vert. Gr&#226;ce au casque audio, chacun peut savourer les mots, parfois chuchot&#233;s par Nicolas Buysse et Greg Houben. Une relation intime qui ne nous isole pas. En t&#233;moignent les r&#233;actions euphoriques d'un public complice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Se partageant &#034;Dans ma maison&#034;, Greg et Nicolas opposent d'embl&#233;e douceur, libert&#233; &#224; stupidit&#233;, abus de pouvoir. L'un r&#234;ve &#224; la femme qui le rejoindra, l'autre d&#233;nonce la vanit&#233; des hommes, capables de dire &#034;des choses aussi b&#234;tes que b&#234;te comme ses pieds ou gai comme un pinson.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s souvent, chez Pr&#233;vert, l'amour de la vie nourrit la contestation de l'ordre &#233;tabli. L'utilisation d'objets h&#233;t&#233;roclites, de poup&#233;es, de marionnettes soulignent la fragilit&#233; de l'enfant, soumis &#224; la loterie de l'existence et confront&#233; &#224; la mort. Les rires provoqu&#233;s par l'illustration maladroite de la chanson &#034;Le Chat et l'oiseau&#034; ne masquent pas l'amertume et le cynisme du chat. En revanche, &#034;Pour faire le portrait d'un oiseau&#034; fait briller un soleil radieux. Enivr&#233;s de libert&#233;, les vieux enfants suivent avec enthousiasme cette recette magique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Notre P&#232;re qui &#234;tes aux cieux, &lt;br class='autobr' /&gt;
Restez-y&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous, nous resterons sur la terre&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui est quelquefois si jolie.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Anar, rebelle, Jacques Pr&#233;vert se laisse emporter par son anticl&#233;ricalisme, en stigmatisant les ma&#238;tres de ce monde, &#034;avec leurs pr&#234;tres, leurs tra&#238;tres et leurs re&#238;tres&#034;. Mais il se montre encore plus corrosif, quand il tire &#224; boulets rouges sur l'hypocrisie sociale. &#034;Il faut laver son linge sale en famille.&#034; Propuls&#233; par la fougue du texte, Nicolas Buysse rend monstrueux cet acharnement &#224; sauver les apparences. Curieux m&#233;lange de douceur enfantine, de refus gonfl&#233; de col&#232;re et d'adh&#233;sion &#224; la vie, Pr&#233;vert aimait la convivialit&#233;. Les com&#233;diens le rappellent, en trinquant joyeusement avec le pianiste Mathieu Van, qui les soutient tout au long du spectacle, et en distribuant des fruits et du chocolat (devinez la marque...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'auteur de &#034;Paroles&#034;, l'amour est une valeur s&#251;re, un rempart contre le malheur. Mais fissur&#233; par l'usure du temps, il engendre souvent la m&#233;lancolie. &#034;D&#233;jeuner du matin&#034; d&#233;crit une rupture, avec une froideur gla&#231;ante. En associant la lecture du po&#232;me par une spectatrice &#224; son illustration par Greg, Nicolas en souligne l'extraordinaire simplicit&#233;. Fredonn&#233;e par Yves Montand dans &#034;Les Portes de la nuit&#034; (1946), un film rat&#233;, &#034;Les Feuilles mortes&#034; est devenue une chanson culte. Pas une ride. Une m&#233;lancolie douce et implacable se d&#233;gage de ses paroles. Nicolas le confirme par la sobri&#233;t&#233; de son interpr&#233;tation et Greg, dans un solo de trompette, magnifie la musique envo&#251;tante de Joseph Kosma. Tous deux rel&#232;vent ce d&#233;fi au temps, en reprenant &#034;La Chanson de Pr&#233;vert&#034; (Serge Gainsbourg) : &#034;Jour apr&#232;s jour, les amours mortes n'en finissent pas de mourir.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espi&#232;glerie, l'autod&#233;rision, l'enthousiasme et le talent des trois &#034;Jacques&#034; cr&#233;ent un climat favorable &#224; la d&#233;couverte d'un po&#232;te accessible et profond. On l'a souvent catalogu&#233; &#034;po&#232;te pour &#233;coliers&#034;. On lui a reproch&#233; la simplicit&#233; de son langage, ses plaisanteries faciles. Des pr&#233;jug&#233;s que le spectacle fait voler en &#233;clats. Pr&#233;vert ne donne pas de le&#231;ons. Attach&#233; &#224; la vie et aux gens simples, il joue avec les mots, pousse des coups de gueule, des cris d'amour et suscite des &#233;motions. Elles devraient contribuer &#224; nous rendre plus humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;mailto: jean@demandezleprogramme.be&#034; class='spip_mail'&gt;Jean Campion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un Nouveau cri d'alarme</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/Un-Nouveau-cri-d-alarme</link>
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		<dc:date>2022-10-24T13:22:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Jean Campion </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est en interviewant des paysans de Limagne (centre de l'Auvergne) sur leurs conditions d'existence que Guillaume Cayet a pris connaissance du drame de J&#233;r&#244;me Laronze. Apr&#232;s neuf jours de cavale, cet homme a &#233;t&#233; abattu de six balles dans le dos, par un gendarme, le 20 mai 2017. Le crime de cet &#233;leveur de vaches limousines ? Avoir d&#233;fendu une agriculture humaine, en s'opposant au tra&#231;age de ses b&#234;tes, impos&#233; par les normes europ&#233;ennes. Ce fait divers tragique a inspir&#233; &#224; Guillaume Cayet un monologue (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est en interviewant des paysans de Limagne (centre de l'Auvergne) sur leurs conditions d'existence que Guillaume Cayet a pris connaissance du drame de J&#233;r&#244;me Laronze. Apr&#232;s neuf jours de cavale, cet homme a &#233;t&#233; abattu de six balles dans le dos, par un gendarme, le 20 mai 2017. Le crime de cet &#233;leveur de vaches limousines ? Avoir d&#233;fendu une agriculture humaine, en s'opposant au tra&#231;age de ses b&#234;tes, impos&#233; par les normes europ&#233;ennes. Ce fait divers tragique a inspir&#233; &#224; Guillaume Cayet un monologue vengeur. Retravaill&#233; avec le concours de Marie- Pierre, une des soeurs de J&#233;r&#244;me Laronze, il est devenu un oratorio poignant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;Celle qui parle, c'est l'autre du m&#234;me ventre&#034;, sa soeur, Marie-Pierre. Avocate, elle va nous raconter, en neuf mouvements, comment son fr&#232;re J&#233;r&#244;me, paysan humaniste, a &#233;t&#233; accul&#233; au d&#233;sespoir. Elle admirait ce &#034;g&#233;ant&#034;. Prenant le relais de trois g&#233;n&#233;rations, il se battait pour sa ferme, seul. Une &#233;ventuelle &#233;pouse avait vite renonc&#233; &#224; l'&#233;pauler. C'&#233;tait un homme chaleureux qui, le dimanche, animait les r&#233;unions familiales, en jouant avec ses neveux et en &#233;crasant ses adversaires au tarot. Fermier bio, J&#233;r&#244;me Laronze refuse d'appliquer les recommandations tatillonnes, impos&#233;es par les grands groupes de l'agro-business. Les contr&#244;leurs de la D.D.P.P. (Direction d&#233;partementale de la protection des populations) le harc&#232;lent. Juch&#233; sur son vieux tracteur, il les d&#233;fie. Mais ce combat perdu d'avance le mine. Plus de parties de tarot. Il s'isole dans sa maison aux rideaux ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des signes inqui&#233;tants qui culpabilisent Marie-Pierre. Pourquoi n'a-t-elle pas vol&#233; &#224; son secours ? Les suicides de paysans se multiplient. Leur histoire &#034;prend la couleur d'une corde, l'odeur d'une poutre, le fumet d'un plomb.&#034; J&#233;r&#244;me r&#233;siste &#224; l'&#233;pid&#233;mie : &#034;Ni suicide, ni reddition.&#034; Sous la pression des lettres de rappel, des injonctions de plus en plus mena&#231;antes, il prend le maquis... Pendant neuf jours &#233;chappera aux gendarmes lanc&#233;s &#224; ses trousses, s'offrira m&#234;me le luxe de revenir fugitivement chez lui. Mais une d&#233;nonciation le transformera en cible. Dans la Toyota cribl&#233;e de balles, on retrouvera sous le si&#232;ge du passager, une arme dont il ne s'est pas servi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Antigone, Marie-Pierre veut d&#233;fendre la m&#233;moire de son fr&#232;re. Elle se bat pour que ce crime soit reconnu comme violence polici&#232;re. Il est inadmissible que le juge instruise le dossier de J&#233;r&#244;me, en ignorant la responsabilit&#233; du gendarme meurtrier. L'avocate montre aussi que la violence subie par son fr&#232;re gangr&#232;ne toute la communaut&#233; paysanne. Infantilis&#233;s, harcel&#233;s, ces garants de l'alimentation nationale disparaissent peu &#224; peu. Leur t&#233;nacit&#233;, leur bon sens sont &#233;touff&#233;s par des contraintes favorables &#224; l'agro-business. &#034;Les paysans ne meurent pas. On les efface. Il s'agit d'un meurtre orchestr&#233;.&#034; Un cri d'alarme qui fait &#233;cho &#224; ceux lanc&#233;s par les h&#233;ros de deux films : &#034;Petit paysan&#034; (2017) et &#034;Au nom de la terre&#034; (2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette trag&#233;die moderne, Guillaume Cayet transforme le deuil en r&#233;volte. Gr&#226;ce &#224; son &#233;criture travaill&#233;e, rugueuse, m&#234;lant le r&#233;el et la po&#233;sie, il nous sensibilise, par &#233;tapes, &#224; l'effondrement d'une bonne partie du monde rural. Les interventions de la chanteuse lyrique Catherine Lybaert, accompagn&#233;e au violoncelle par Merryl Havard donnent parfois un &#233;cho d&#233;chirant &#224; cette prise de conscience. Les nuages qui s'accumulent progressivement sur l'&#233;cran g&#233;ant sont au diapason. Par la sobri&#233;t&#233; de sa mise en sc&#232;ne, Michel Bernard concentre notre attention sur Marie-Pierre. St&#233;phane Bissot lui insuffle une pugnacit&#233; et une ferveur bouleversantes. Fixant souvent le public, elle r&#233;clame justice et veut &#233;veiller les consciences. Sa lucidit&#233; nous impressionne, mais c'est surtout son coeur qui nous touche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;mailto: jean@demandezleprogramme.be&#034; class='spip_mail'&gt;Jean Campion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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