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	<title>Demandez Le Programme</title>
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	<description>Demandezleprogramme est un agenda culturel et interactif en ligne, qui permet la rencontre entre les lieux culturels, les internautes et les artistes.</description>
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		<title>Demandez Le Programme</title>
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		<title>In progress</title>
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		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au Kaaitheater, la chor&#233;graphe Meg Stuart met la mat&#233;rialit&#233; et la cr&#233;ativit&#233; en exergue. Avec &#171; Sketches/Notebbok &#187;, elle invite le spectateur &#224; prendre part &#224; une f&#234;te des corps et des mati&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parler de transdisciplinarit&#233; en spectacle vivant est a priori pl&#233;onastique. Qu'est-ce qu'un spectacle de danse ou de th&#233;&#226;tre si ce n'est une &#339;uvre liant corps, lumi&#232;res et sons ? Qu'est-ce que ce travail de cr&#233;ation si ce n'est la mise en commun des capacit&#233;s des sc&#233;nographes, r&#233;gisseurs, performeurs ? A ces (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Kaaitheater, la chor&#233;graphe Meg Stuart met la mat&#233;rialit&#233; et la cr&#233;ativit&#233; en exergue. Avec &#171; Sketches/Notebbok &#187;, elle invite le spectateur &#224; prendre part &#224; une f&#234;te des corps et des mati&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parler de transdisciplinarit&#233; en spectacle vivant est a priori pl&#233;onastique. Qu'est-ce qu'un spectacle de danse ou de th&#233;&#226;tre si ce n'est une &#339;uvre liant corps, lumi&#232;res et sons ? Qu'est-ce que ce travail de cr&#233;ation si ce n'est la mise en commun des capacit&#233;s des sc&#233;nographes, r&#233;gisseurs, performeurs ? A ces disciplines traditionnelles viennent de plus en plus souvent se lier les praticiens d'autres arts, amenant avec eux leurs regards et habilit&#233;s sp&#233;cifiques, ouvrant ainsi de nouveaux champs de possibilit&#233;s et conduisant ce faisant &#224; un renouvellement des pratiques artistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Kaaitheater est un des lieux bruxellois qui donne &#224; voir le fruit de telles approches. Les limites disciplinaires y sont r&#233;guli&#232;rement d&#233;plac&#233;es et la perception des spectateurs questionn&#233;e. Mais si Sketches/Notebook retient notre attention, ce n'est pas parce qu'il s'agit d'une &#233;ni&#232;me forme issue d'une semblable collaboration mais bien parce que cette collaboration est le spectacle-m&#234;me, parce que, devant les yeux du public &#233;parpill&#233; aux quatre coins du plateau, les rencontres entre r&#233;gisseurs, lumi&#232;re designer, styliste, musicien et performeurs se d&#233;ploient en une multitude de sc&#232;nes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des bras se l&#232;vent, des corps glissent, des v&#234;tements tombent tandis que d'autres sont enfil&#233;s. Le son d'une guitare vient se m&#234;ler &#224; la musique de Jurassic Parc qui passe en boucle, les lumi&#232;res modifient l'espace tandis que les performeurs sourient devant l'appareil photo et adaptent les propositions de poses des uns et des autres. Couleurs, paillettes, son et &#233;nergie folle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de rendre compte de ce qui est donn&#233; &#224; voir tant les images sont multiples et d&#233;pendantes de l'angle de vue du spectateur. Car si les artistes cr&#233;ent devant lui, lui-m&#234;me est amen&#233; &#224; &#234;tre cr&#233;ateur de son spectacle en devant choisir ce qu'il regarde. Aussi ne pas tenter vainement de raconter mais utiliser les termes cr&#233;ation partag&#233;e et chantier pour t&#233;moigner de l'aspect vivant, &#233;clat&#233;, de cette forme qui refuse de se figer en &#339;uvre. L'improvisation, l'ouverture (occasionnelle) &#224; la participation du public sont justement l&#224; pour l'emp&#234;cher de se fermer sur elle-m&#234;me. Car si la force, la puissance de ce spectacle provient en grande partie de l'&#233;nergie d&#233;ploy&#233;e sur sc&#232;ne, celle-ci n'est juste et donc efficace que tant qu'elle garde un caract&#232;re spontan&#233;. On peut faire l'hypoth&#232;se que le succ&#232;s de cette proposition d&#233;pend en grande partie de sa r&#233;ussite &#224; entra&#238;ner le public, l'&#233;nergie circule alors de part et d'autre de la salle, donnant lieu &#224; une sorte de communion joyeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;nergie se manifeste &#233;galement dans l'approche ludique des mat&#233;riaux avec lesquels ces artistes ont l'habitude de travailler. C'est sous forme de jeu que les protagonistes explorent la mat&#233;rialit&#233; des diff&#233;rents &#233;l&#233;ments sc&#233;niques, composant et recomposant de nouvelles images en changeant l'orientation d'une lampe, en ajoutant un filtre color&#233;, en enfilant un autre costume. Tout est en transformation et ces d&#233;placements donnent lieu &#224; une r&#233;flexion sur les essences de ces diff&#233;rents mat&#233;riaux que l'on a l'habitude de nous pr&#233;senter d&#233;j&#224; utilis&#233;s, instrumentalis&#233;s, simples composants d'un effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sketches/Notebook dont l'aspect festif et chaotique renvoie par moment au happening, sera donc &#233;galement l'occasion de r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qui fait spectacle en donnant la premi&#232;re place &#224; ses &#233;l&#233;ments constituants : les mat&#233;riaux, les personnes qui les manipulent et soi-m&#234;me, spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entre pass&#233; et pr&#233;sent, Hamlet est</title>
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		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les mots de Tom Lanoye se lient &#224; ceux de Shakespeare dans ce Hamlet vs Hamlet cr&#233;&#233; par Guy Cassiers avec les com&#233;diens de la Toneelhuis et du Toneelgroep. V&#234;tus des costumes &#233;loquents de Tim Van Steenbergen, &#233;voluant au sein de la sc&#233;nographie de verre et de lumi&#232;re con&#231;ue par Ief Spincemaille, la r&#233;ussite de ce spectacle tient &#224; la qualit&#233; de chacun de ses constituants, li&#233;s par une dramaturgie d'une coh&#233;rence rare (Erwin Jans). &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; une &#233;ni&#232;me adaptation d'Hamlet on interroge fatalement la pertinence (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les mots de Tom Lanoye se lient &#224; ceux de Shakespeare dans ce Hamlet vs Hamlet cr&#233;&#233; par Guy Cassiers avec les com&#233;diens de la Toneelhuis et du Toneelgroep. V&#234;tus des costumes &#233;loquents de Tim Van Steenbergen, &#233;voluant au sein de la sc&#233;nographie de verre et de lumi&#232;re con&#231;ue par Ief Spincemaille, la r&#233;ussite de ce spectacle tient &#224; la qualit&#233; de chacun de ses constituants, li&#233;s par une dramaturgie d'une coh&#233;rence rare (Erwin Jans).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; une &#233;ni&#232;me adaptation d'Hamlet on interroge fatalement la pertinence de la d&#233;marche. On questionne le sens de chaque &#171; nouvelle version &#187; : pourquoi encore jouer Hamlet ? On s'entendra r&#233;pondre que Hamlet est la pi&#232;ce des pi&#232;ces, une des plus belles et des plus profondes, miroir du monde et du th&#233;&#226;tre. Certes, mais &#224; force d'&#234;tre m&#226;ch&#233;e et rem&#226;ch&#233;e, ne risque-t-elle pas de perdre de sa saveur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question m&#233;riterait d&#232;s lors d'&#234;tre pos&#233;e : pourquoi retourne-t-on, encore et encore, voir cette &#339;uvre ? Qu'y cherche-t-on ? Que lui voulons-nous ? Questions insolubles bien s&#251;r. Amateurs ou professionnels du th&#233;&#226;tre, nous savons que le rapport au th&#233;&#226;tre est davantage de l'ordre du passionnel que du rationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, le &lt;i&gt;Hamlet vs Hamlet&lt;/i&gt; mis en sc&#232;ne par Guy Cassiers donne des pistes de r&#233;ponses. Face &#224; la sc&#232;ne, on comprend ce qu'on fait l&#224;. On comprend pourquoi on ne peut s'emp&#234;cher d'assister &#224; chaque adaptation et, au-del&#224;, pourquoi, soir apr&#232;s soir, on hante les th&#233;&#226;tres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Hamlet est une &#339;uvre totale et l'adaptation qui en est propos&#233;e r&#233;ussit l'audacieux pari d'en rendre compte. Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord du point de vue du texte. Davantage qu'une adaptation, c'est la rencontre entre les mots de deux &#233;crivains. Tom Lanoye greffe ses phrases &#224; celles de Shakespeare, faisant ressortir la puissance du texte par un ensemble de modifications ing&#233;nieuses et une intelligence du rythme. Les interventions ne portent pas seulement sur la forme, elles concernent &#233;galement le fond. La guerre ici est une r&#233;alit&#233; qui influence le comportement des personnages. La&#235;rtes ne quitte pas la cour pour la France mais bien pour le front. Le pouvoir, les enjeux strat&#233;giques et le sacrifice d'une g&#233;n&#233;ration servent de trame de fond. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans actualisation forc&#233;e, le caract&#232;re concret des enjeux nous les rend proches. L'intelligence du travail dramaturgique permet d'inclure ces &#233;l&#233;ments nouveaux qui tant&#244;t d&#233;placent, tant&#244;t enrichissent notre habituelle lecture de l'&#339;uvre. Par la proximit&#233; de la guerre et ses horreurs, la folie n'est plus seulement fruit de l'ind&#233;cision et de la m&#233;lancolie : il y a vraiment quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark qui scellera le destin de tous les protagonistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet aspect politique, vient se lier une approche psychanalytique des personnages. Priv&#233; par le meurtre commis par l'oncle de la possibilit&#233; de tuer le p&#232;re, Hamlet ne peut devenir homme. Le parti pris consiste &#224; confier le r&#244;le &#224; Abke Haring afin d'insister sur la jeunesse et la force fragile du prince. Cette lecture psychologique s'applique &#224; tous les personnages, nous les d&#233;voilant sous un nouvel angle et ravivant de la sorte notre int&#233;r&#234;t pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entour&#233; de fid&#232;les et talentueux collaborateurs, Guy Cassiers d&#233;veloppe, d'oeuvre en oeuvre, un univers &#224; part. Avec une esth&#233;tique formelle pour cadre et le texte de Lanoye pour fond, &lt;i&gt;Hamlet vs Hamlet&lt;/i&gt; entra&#238;ne le spectateur dans les plis de la mati&#232;re shakespearienne. A partir de ce mat&#233;riel qu'il aborde avec m&#233;thode et imagination, il propose une authentique cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ballet de la chair</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/Ballet-de-la-chair</link>
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		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Comme Maria Clara Villa Lobos le d&#233;clare, le Sacre du printemps a, pour les chor&#233;graphes, le m&#234;me statut qu'un Shakespeare pour les metteurs en sc&#232;ne. S'y confronter est un fantasme, un d&#233;fi. Et les cent ans de l'&#339;uvre sont l'occasion pour de nombreux artistes de s'y mesurer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ne voulant pas ajouter son Sacre aux innombrables reprises existantes, la chor&#233;graphe br&#233;silienne fait le choix d'une r&#233;appropriation par la recontextualisation de cette &#339;uvre. Le Sacre du printemps &#233;tant le symbole de l'av&#232;nement (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme Maria Clara Villa Lobos le d&#233;clare, le Sacre du printemps a, pour les chor&#233;graphes, le m&#234;me statut qu'un Shakespeare pour les metteurs en sc&#232;ne. S'y confronter est un fantasme, un d&#233;fi. Et les cent ans de l'&#339;uvre sont l'occasion pour de nombreux artistes de s'y mesurer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ne voulant pas ajouter son Sacre aux innombrables reprises existantes, la chor&#233;graphe br&#233;silienne fait le choix d'une r&#233;appropriation par la recontextualisation de cette &#339;uvre. Le &lt;i&gt;Sacre du printemps &lt;/i&gt; &#233;tant le symbole de l'av&#232;nement de la modernit&#233; en danse et en musique, elle semble choisir de scruter le devenir contemporain de cette id&#233;ologie du progr&#232;s qui soutient le projet moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ali&#233;nation technologique, industrialisation, coupure entre nature et culture en sont quelques traits essentiels. L'industrie de la viande les rassemble et en est le paroxysme, aussi ce th&#232;me permettra &#224; l'artiste de non seulement poursuivre son exploration de la soci&#233;t&#233; de consommation mais &#233;galement de coller au plus pr&#232;s &#224; la violence et &#224; l'exc&#232;s de la musique de Stravinski. On se souvient en effet que Boulez qualifiait le Sacre de &#171; barbarie tr&#232;s &#233;labor&#233;e &#187;. Pourrait-on d&#233;finir autrement notre syst&#232;me de production de la viande ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La violence de la musique se lie &#224; la violence des images donn&#233;es &#224; voir, que ce soient celles des vid&#233;os des abattoirs ou celles propos&#233;es sur sc&#232;ne. La musique discontinue, fonctionnant par blocs, cadre parfaitement avec la m&#233;canisation du travail incarn&#233;e : les corps des danseurs se font ustensiles, ils sont les rouages de la machine. Production de la viande &#224; la cha&#238;ne, citation de Chaplin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce faisant, &#224; &#171; l'adoration de la terre &#187; (premi&#232;re partie de l'&#339;uvre originale) Maria Clara Villa Lobos oppose l'&#233;levage industriel. Retour de la vie versus marchandisation de la mort. L'animal est r&#233;duit au produit, la terre bien loin de l'univers aseptis&#233; de nos supermarch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette premi&#232;re partie, vient le moment du sacrifice. Exit les c&#233;r&#233;monies pa&#239;ennes et le remerciement de la vie offerte pour la survie des autres. On ne parle pas de sacrifice pour les milliers d'animaux abattus quotidiennement. On n'&#233;voque ni le sang, ni la mort. La viande est produite, l'animal objet de consommation. C'est l&#224; ce que la chor&#233;graphe veut d&#233;noncer, le terme de massacre est alors retenu. Et pour &#233;veiller une empathie qui ferait d&#233;faut, elle rapproche l'Homme des animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet donne lieu &#224; une des plus belles sc&#232;nes du spectacle : sur une table en inox, le cadavre d'un poulet est manipul&#233;. Manipulation capt&#233;e en direct, l'image projet&#233;e en fond de sc&#232;ne renvoie &#224; une nature morte. Arr&#234;t sur la beaut&#233; de la mort et un rapport &#224; l'animal d'un autre temps. Enfin, &#224; l'avant-sc&#232;ne, une deuxi&#232;me table, semblable &#224; la premi&#232;re. Sur celle-ci une femme, repli&#233;e sur elle-m&#234;me, nue. Ses mouvements copient ceux impuls&#233;s au cadavre. Deux chairs blanches expos&#233;es, des corps donn&#233;s &#224; voir dans leur crudit&#233;. Beaut&#233; plastique et po&#233;sie, macabre, peut-&#234;tre, efficace, s&#251;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Th&#233;&#226;tre National avait organis&#233; il y a peu un &#171; thema &#187; autour de l'alimentation. Des d&#233;bats faisaient suite au spectacle &#171; Nourrir l'Humanit&#233;, c'est un m&#233;tier &#187;, propos&#233; par Charles Culot et Val&#233;rie Gimenez, traitant de la pr&#233;carit&#233; du monde paysan ainsi que de la disparition de l'agriculture familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Tanneurs, des d&#233;bats sont &#233;galement propos&#233;s chaque soir suite &#224; la repr&#233;sentation de Mas-sacre. Cette initiative, de m&#234;me que les propos de l'artiste, t&#233;moignent d'une volont&#233; de donner lieu &#224; un th&#233;&#226;tre engag&#233;. Le spectacle en question repose par ailleurs sur les bases de ce type de th&#233;&#226;tre : repr&#233;sentation de la violence, choc des images afin de mettre en lumi&#232;re ce que l'on se refuserait de voir et d&#233;noncer ainsi cet &#233;tat des choses. Bien s&#251;r, il y a ici un usage de l'ironie et du grotesque, mais je ne suis pas persuad&#233;e que le d&#233;calage induit permette r&#233;ellement de complexifier le propos. Aussi, on peut douter, me semble-t-il, de l'efficacit&#233; d'un tel dispositif, en particulier lorsqu'il est d&#233;ploy&#233; sur une sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre. Ne cr&#233;e-t-il pas davantage une entente rassurante ? Ne nous conforte-t-il pas dans nos opinions bien pensantes en nous rassemblant du bon c&#244;t&#233; ? Car nous tous, r&#233;unis dans cette salle, sommes bien s&#251;r d'accord pour d&#233;noncer ces atrocit&#233;s. Les ignorait-on jusque-l&#224; ? D&#232;s lors, en voir une d&#233;nonciation sur sc&#232;ne, m&#234;me dans le cadre d'un spectacle par ailleurs int&#233;ressant, est-il vraiment utile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Mas-sacre, l'occasion de se faire un avis est donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#034;Karolina Svobodova&#034;</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/Karolina-Svobodova</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Presque vingt ans apr&#232;s sa cr&#233;ation, la pi&#232;ce &#233;ponyme de J&#233;r&#244;me Bel est pr&#233;sent&#233;e au Kaaitheater. Cet &#233;v&#232;nement offre l'occasion &#224; une nouvelle g&#233;n&#233;ration de spectateurs d'y assister tout en ouvrant le questionnement sur sa pertinence dans le contexte contemporain. Les questions abord&#233;es par le chor&#233;graphe sont-elles encore d'actualit&#233; ? Quelles attentes et quelles r&#233;ceptions pour cette &#339;uvre qui a acquis un certain statut historique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Bref rappel du contexte d'&#233;laboration. Les ann&#233;es nonante en France : &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Presque vingt ans apr&#232;s sa cr&#233;ation, la pi&#232;ce &#233;ponyme de J&#233;r&#244;me Bel est pr&#233;sent&#233;e au Kaaitheater. Cet &#233;v&#232;nement offre l'occasion &#224; une nouvelle g&#233;n&#233;ration de spectateurs d'y assister tout en ouvrant le questionnement sur sa pertinence dans le contexte contemporain. Les questions abord&#233;es par le chor&#233;graphe sont-elles encore d'actualit&#233; ? Quelles attentes et quelles r&#233;ceptions pour cette &#339;uvre qui a acquis un certain statut historique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bref rappel du contexte d'&#233;laboration. Les ann&#233;es nonante en France : &#224; la suite des exp&#233;rimentations am&#233;ricaines, les artistes fran&#231;ais commencent &#224; prendre leur distance avec la virtuosit&#233; des mouvements produits par des corps parfaits que l'on venait admirer les soirs de repr&#233;sentation. Face et contre cette pl&#233;thore de signes et de conventions, ils interrogent les fondamentaux de la danse et en cherchent l'essence. Inspir&#233;s et nourris des recherches des artistes minimalistes, ils adoptent la formule &#171; Less is more &#187; prof&#233;r&#233;e en son temps par l'architecte Mies van der Rohe : c'est par la suppression du superflu que &#171; quelque chose de l'essence de la chose &#187; peut &#234;tre atteint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre ce qu'est la danse, J&#233;r&#244;me Bel s'interroge sur les fondements de celle-ci. Pour lui, elle consiste en un jeu entre trois &#233;l&#233;ments : la musique, les corps et la lumi&#232;re. La r&#233;duction intervient ensuite sur ces param&#232;tres-m&#234;mes, pour tenter de parvenir &#224; leur degr&#233; z&#233;ro. J&#233;r&#244;me Bel proc&#232;de alors &#224; une mise &#224; nu radicale : les corps sont d&#233;shabill&#233;s, la lumi&#232;re est r&#233;duite &#224; sa plus simple expression (l'ampoule &#233;lectrique) et la musique &#224; une voix qui chante. Ces &#233;l&#233;ments sont plac&#233;s sur le plateau noir, &#224; pr&#233;sent c'est un jeu sur/avec leur r&#233;alit&#233; qui se d&#233;ploie devant les spectateurs. Une actrice porte l'ampoule et &#233;claire les gestes des danseurs, orientant le regard et produisant des ombres impressionnantes sur les parois de la salle. Ces gestes simples de la d&#233;couverte du corps sont ainsi par moment amplifi&#233;s, &#224; d'autres ramen&#233;s &#224; leur intimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces corps quotidiens et leurs mouvements banaux sont une invitation &#224; l'identification, elle-m&#234;me renforc&#233;e par le jeu de pr&#233;sentation des acteurs : sur le tableau noir qui ferme la sc&#232;ne, ils inscrivent leur nom, pr&#233;nom, &#226;ge, num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone,&#8230; Ensuite c'est le corps qui devient surface pour l'&#233;criture. Au rouge-&#224;-l&#232;vres rouge ils dessinent sur la peau ce qu'habituellement elle recouvre. Le ressenti, l'en-dedans y est inscrit et expos&#233; aux yeux de tous. Ce ne sont pas des figures ou des personnages qui sont sur la sc&#232;ne mais bien des individus dans lesquels le spectateur est amen&#233; &#224; se reconna&#238;tre. Litt&#233;ralit&#233; comme mot cl&#233; du spectacle : pas de symbolisme mais les choses telles qu'elles sont. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est &#224; cet endroit-l&#224; que le spectacle conserve une actualit&#233;, dans le d&#233;calage qu'il offre par rapport aux mod&#232;les auxquels nous sommes habituellement confront&#233;s. Loin de toute virtuosit&#233; et &#233;rotisme, des corps ludiques qui se d&#233;couvrent avec lenteur et simplicit&#233;. Loin du bruit assourdissant et des lumi&#232;res aveuglantes, une voix qui chante et une ampoule &#233;lectrique. Oppos&#233;s aux images de corps hypersexualis&#233;s dont les m&#233;dias peuplent nos quotidiens, ces corps nus, simples et fragiles, ne signifiant rien d'autre qu'eux-m&#234;mes nous ram&#232;ne &#224; l'essentiel. Aussi, bien que le contexte ait chang&#233;, ce spectacle vieux de presque vingt ans nous am&#232;ne un vent de fra&#238;cheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Bel voulait faire un spectacle de danse. Il s'est arr&#234;t&#233; au corps. Et comme en t&#233;moigne cette reprise, dans la question du rapport au corps c'est non seulement la question du rapport &#224; soi qui se d&#233;ploie mais &#233;galement celle du rapport &#224; l'autre et du rapport au monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; &#034;J&#233;r&#244;me Bel&#034; l'occasion et le temps nous sont offerts de nous reposer ces questions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De la place de l'&#233;l&#233;phanteau dans un int&#233;rieur flamand </title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/De-la-place-de-l-elephanteau-dans-un-interieur-flamand</link>
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		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Trois actrices, trois &#226;ges, trois monologues. Des textes comme partitions : la musicalit&#233; de la langue emm&#232;ne en voyage ; par del&#224; la compr&#233;hension elle fait na&#238;tre des images. La trilogie de l'Enfer de Martine Wijkaert propose l'exp&#233;rience de la mat&#233;rialit&#233; d'une langue exigeante. Un spectacle &#224; voir les oreilles grandes ouvertes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au milieu de la grande sc&#232;ne de la balsamine, un petit castelet aux parois peintes. A l'int&#233;rieur de celui-ci, une vieille femme tr&#244;ne dans un grand fauteuil blanc. Avec sa (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois actrices, trois &#226;ges, trois monologues. Des textes comme partitions : la musicalit&#233; de la langue emm&#232;ne en voyage ; par del&#224; la compr&#233;hension elle fait na&#238;tre des images. La trilogie de l'Enfer de Martine Wijkaert propose l'exp&#233;rience de la mat&#233;rialit&#233; d'une langue exigeante. Un spectacle &#224; voir les oreilles grandes ouvertes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au milieu de la grande sc&#232;ne de la balsamine, un petit castelet aux parois peintes. A l'int&#233;rieur de celui-ci, une vieille femme tr&#244;ne dans un grand fauteuil blanc. Avec sa robe fleurie, elle &#233;voque une poup&#233;e dans sa maison. Des deux c&#244;t&#233;s de cette sc&#232;ne sur la sc&#232;ne, des verres &#224; pied. A jardin, une grande table recouverte d'un service de vaisselle familiale. Image de l'attente dans un int&#233;rieur flamand, brusquement bris&#233;e par la voix gutturale de la m&#232;re morte. Voix adressant des mots &#224; la fille, mots plac&#233;s par la fille dans la bouche de la m&#232;re. Commentaires de la c&#233;r&#233;monie d'enterrement qui se d&#233;roule, &#233;tape par &#233;tape. Reproches adress&#233;s &#224; la fille qui ne convient pas, mots qui blessent et qui accablent. Mais aussi et surtout mots d'amour. Non pour la fille mais pour le p&#232;re, ce c&#233;leste acrobate dont la pr&#233;sence a donn&#233; un sens &#224; la vie maintenant termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux monologues suivront : celui de la fille, B&#233;atrice, &#233;l&#233;phanteau triste et saoul, qui s'adresse aux enfants qu'elle n'aura jamais et enfin, celui de la toute jeune B&#233;atrice, enfant de 10 ans qui crie sa rage d'aimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; Trilogie de l'enfer &#187; donne &#224; entendre des mots terribles et beaux &#224; la fois. Le texte, touffu et po&#233;tique emm&#232;ne le spectateur dans un tourbillon de sons et d'images. Du tableau vivant sur lequel s'ouvrait le spectacle, peu de choses restent intactes : le r&#233;cit est pass&#233; par l&#224; et a tout bouscul&#233; sur son passage. S'opposant au jeu fort statique des actrices, les intonations et les &#233;l&#233;ments du d&#233;cor animent la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monter un tel texte est un r&#233;el d&#233;fi, le suivre sur sc&#232;ne &#233;galement. La nature po&#233;tique de l'&#339;uvre, le choix d'un vocabulaire peu usit&#233; et souvent compliqu&#233;, les enchev&#234;trements m&#233;taphoriques obligent le spectateur &#224; une concentration intense. Heureusement, la metteuse en sc&#232;ne s'est entour&#233;e d'actrices capables d'incarner ces mots et de leur donner vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>MCBTH : entre th&#233;&#226;tre et op&#233;ra</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/MCBTH-entre-theatre-et-opera</link>
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		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;MCBTH, sans voyelles, sans une partie du texte, sans les personnages secondaires. Sans beaucoup de sentiments non plus. Une esth&#233;tique froide, techniquement irr&#233;prochable (du moins si l'on n'est pas d&#233;rang&#233; par le symbolisme assez lourd des signes sc&#233;niques) : on admire la ma&#238;trise, on admire le travail, mais, de m&#234;me que les acteurs, on reste finalement de marbre. &lt;br class='autobr' /&gt;
On remarquera la pr&#233;dilection des metteurs en sc&#232;ne pour les adaptations shakespeariennes. On remarquera &#233;galement les modifications (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;MCBTH, sans voyelles, sans une partie du texte, sans les personnages secondaires. Sans beaucoup de sentiments non plus. Une esth&#233;tique froide, techniquement irr&#233;prochable (du moins si l'on n'est pas d&#233;rang&#233; par le symbolisme assez lourd des signes sc&#233;niques) : on admire la ma&#238;trise, on admire le travail, mais, de m&#234;me que les acteurs, on reste finalement de marbre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On remarquera la pr&#233;dilection des metteurs en sc&#232;ne pour les adaptations shakespeariennes. On remarquera &#233;galement les modifications qu'ils font subir aux titres des oeuvres afin d'indiquer d'embl&#233;e leur parti pris par rapport &#224; ces derni&#232;res. Car il ne s'agit pas de monter des classiques tels quels, mais bien, &#224; chaque fois, d'en r&#233;v&#233;ler un aspect particulier, un aspect qui leur semble essentiel. &lt;br class='autobr' /&gt; Avec MCBTH, Guy Cassiers ne fait pas exception. Abandonnant les voyelles du titre, il dit vouloir d&#233;sosser l'oeuvre, la r&#233;duire &#224; sa quintessence. A cette fin, c'est arm&#233; d'une machette qu'il se lance dans le travail d'adaptation. De m&#234;me que le personnage principal supprime tous ceux qui se trouvent entre lui et le pouvoir, le metteur en sc&#232;ne tranche la chair qui lui para&#238;t superflue. Au final, il ne reste que cinq personnages interpr&#233;tant une partie du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, contrairement &#224; ce que cette br&#232;ve description pourrait laisser penser, ce n'est certainement pas un projet minimaliste que nous livre Guy Cassiers. En effet, une fois le squelette de l'oeuvre d&#233;voil&#233;, il fait appel &#224; ses m&#233;dias de pr&#233;dilection pour venir le sublimer. Six musiciens, trois chanteuses et des projections presque en continu viennent appuyer et commenter les actions sc&#233;niques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces m&#233;dias sont convoqu&#233;s pour donner &#224; voir et &#224; sentir ce qui se passe dans la t&#234;te de Macbeth. En effet, c'est l'imagination de ce dernier qui appara&#238;t comme constituant le c&#339;ur de l'&#339;uvre au metteur en sc&#232;ne. En continuit&#233; avec ses oeuvres pr&#233;c&#233;dentes, il s'interroge sur le pouvoir et plus particuli&#232;rement sur la chute des hommes de pouvoir. La chute de Macbeth, son malheur, vient de lui-m&#234;me et c'est ce que cherche &#224; montrer cette adaptation en insistant sur l'imagination. Ce sont ses propres fantasmes, ses aspirations d&#233;mesur&#233;es qui le m&#232;nent &#224; la folie. Si chaque meurtre vise &#224; le rapprocher du pouvoir, c'est, en r&#233;alit&#233;, dans la folie qu'il le fait sombrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre est-ce pour appuyer cette interpr&#233;tation que le jeu des acteurs est si distanci&#233;. La parole, froide, est d&#233;sincarn&#233;e, les id&#233;es sont &#233;nonc&#233;es mais ne semblent pas &#234;tre &#233;prouv&#233;es par les acteurs. S'il y a une tentative d'empathie entre la sc&#232;ne et la salle, celle-ci ne passe pas par le langage verbal mais bien par la musique et les images sc&#233;niques. Je dis bien &#034;si&#034; car le spectateur reste finalement en dehors de ce qui a lieu sur sc&#232;ne. Il est dans une position d'observateur ext&#233;rieur : il admire la beaut&#233; de certaines sc&#232;nes, la beaut&#233; de la musique et la ma&#238;trise technique. Mais rien ne vient l'aspirer dans les tourments des mis&#233;rables Macbeth, rien ne vient le pousser &#224; s'interroger sur ce qui se d&#233;roule devant ses yeux, rien ne le fait vraiment entrer dans l'oeuvre. D&#232;s lors, y a -t-il exp&#233;rience th&#233;&#226;trale ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le trop plein de moyens, la surabondance des signes renferment l'&#339;uvre sur elle-m&#234;me. Le spectateur en retient-il autre chose qu'un plaisir esth&#233;tique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jet te parle/ Shut your mouth</title>
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		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



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&lt;p&gt;Au th&#233;&#226;tre 140, la compagnie DRAO m&#234;le les mots des dramaturges scandinaves pour p&#233;n&#233;trer l'int&#233;rieur des relations de couple. Si Ingmar Bergman, Jon Fosse et Lars Noren ne sont pas tendres envers l'humanit&#233;, avec Shut your mouth, la troupe d&#233;cide d'en rire plut&#244;t que d'en pleurer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les spectateurs &#224; peine assis et voil&#224; d&#233;j&#224; les mots qui fusent. Des reproches, des insultes, des moqueries : un couple s'habille, se pr&#233;pare &#224; sortir. La lumi&#232;re reste allum&#233;e, l'espace de jeu s'&#233;tend jusqu'aux spectateurs. (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au th&#233;&#226;tre 140, la compagnie DRAO m&#234;le les mots des dramaturges scandinaves pour p&#233;n&#233;trer l'int&#233;rieur des relations de couple. Si Ingmar Bergman, Jon Fosse et Lars Noren ne sont pas tendres envers l'humanit&#233;, avec Shut your mouth, la troupe d&#233;cide d'en rire plut&#244;t que d'en pleurer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les spectateurs &#224; peine assis et voil&#224; d&#233;j&#224; les mots qui fusent. Des reproches, des insultes, des moqueries : un couple s'habille, se pr&#233;pare &#224; sortir. La lumi&#232;re reste allum&#233;e, l'espace de jeu s'&#233;tend jusqu'aux spectateurs. Pris &#224; parti, nous serons les t&#233;moins de ces &#171; sc&#232;nes de la vie conjugale &#187;, pour reprendre le titre de l'une des &#339;uvres &#224; l'origine du pr&#233;sent spectacle. D'ailleurs, les mots de Bergman semblent les plus appropri&#233;s pour pr&#233;senter ces personnages que l'on verra se d&#233;chirer : &#171; Ils disent bien des sottises et, parfois, certaines choses raisonnables. Ils sont anxieux, gais, &#233;go&#239;stes, sots, gentils, sages, d&#233;sint&#233;ress&#233;s, affectueux, emport&#233;s, tendres, sentimentaux, insupportables, aimables. &#187;. Bref, pourrions-nous dire, ils sont comme chacun d'entre nous, ils sont humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un des points d'int&#233;r&#234;t potentiels de ce genre de spectacle : chacun peut s'y reconna&#238;tre, les situations pr&#233;sent&#233;es, les propos &#233;chang&#233;s nous renvoient &#224; nos propres exp&#233;riences. Le processus d'identification est &#224; l'oeuvre et permet de cr&#233;er une certaine empathie vis-&#224;-vis des personnages. La premi&#232;re partie de la repr&#233;sentation repose sur ce sch&#233;ma et il faut avouer que cela fonctionne : le public s'esclaffe et rit, il assiste &#224; une com&#233;die. Proposition pour le moins surprenante &#233;tant donn&#233; les univers durs, voire d&#233;pressifs, de ces auteurs. Mais cet aspect comique n'est qu'un verni, une surface trompeuse : dans un gant de velours, la main de fer n'ass&#232;ne pas moins des coups violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avoue ne pas avoir &#233;t&#233; convaincue par cette premi&#232;re partie. Le jeu (que ce soit dans le ton ou les mouvements) est exag&#233;r&#233; et peut, par moment donner l'impression d'assister &#224; une pi&#232;ce de boulevard. Le volume trop fort et les cris banalisent les propos et recouvrent la force des mots. N&#233;anmoins, la deuxi&#232;me partie vient probl&#233;matiser la description qui vient d'&#234;tre faite. En effet, il y a un basculement &#233;vident dans ce spectacle quand la lumi&#232;re de la salle s'&#233;teint. L'univers et le type de jeu changent : on entre dans la fragilit&#233; et dans une certaine po&#233;sie. Ici ce n'est plus la quotidiennet&#233; des couples qui est repr&#233;sent&#233;e mais quelque chose de plus profond et de plus subtil. La recherche d&#233;sesp&#233;r&#233;e du contact de l'autre, l'angoisse de la solitude et les tendres mensonges que l'on s'adresse pour essayer d'y &#233;chapper. C'est dans ces sc&#232;nes que l'on admire vraiment le jeu des com&#233;diens, la force du texte et, peut-&#234;tre surtout, du sous-texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux derni&#232;res sc&#232;nes justifient &#224; mes yeux le spectacle. C'est avec elles que ce dernier semble vraiment commencer, que quelque chose de fort et d'int&#233;ressant commence &#224; se passer. Malheureusement, les lumi&#232;res s'&#233;teignent d&#233;j&#224; sur la sc&#232;ne et c'est avec une certaine frustration que je quitte la salle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>A l'abri du d&#233;sir ? </title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/A-l-abri-du-desir</link>
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		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Hier encore, le public fut au rendez-vous pour assister &#224; la derni&#232;re cr&#233;ation de Tg Stan, associ&#233; &#224; Olympique dramatique : le Kaai affichait complet pour &#034;Het wijde land&#034;. Ce succ&#232;s est d&#251; &#224; la fid&#233;lit&#233; de spectateurs conquis et &#224; la curiosit&#233; de ceux qui &#034;n'ont pas encore vu&#034; un de leurs spectacles. On imagine que ces derniers viennent voir par eux-m&#234;mes si c'est vraiment aussi bien qu'on le dit. A entendre les applaudissements enthousiastes et &#224; croiser les visages ravis, on peut d&#233;duire que oui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hier encore, le public fut au rendez-vous pour assister &#224; la derni&#232;re cr&#233;ation de Tg Stan, associ&#233; &#224; Olympique dramatique : le Kaai affichait complet pour &#034;Het wijde land&#034;. Ce succ&#232;s est d&#251; &#224; la fid&#233;lit&#233; de spectateurs conquis et &#224; la curiosit&#233; de ceux qui &#034;n'ont pas encore vu&#034; un de leurs spectacles. On imagine que ces derniers viennent voir par eux-m&#234;mes si c'est vraiment aussi bien qu'on le dit. A entendre les applaudissements enthousiastes et &#224; croiser les visages ravis, on peut d&#233;duire que oui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais qu'est-ce qui provoque un tel enthousiasme ? Qu'est-ce qui explique l'adh&#233;sion quasi g&#233;n&#233;rale &#224; leurs propositions ? S'il y a une grande diversit&#233; dans le choix des textes port&#233;s &#224; la sc&#232;ne (de Racine &#224; Bergman en passant par Shakespeare, Moli&#232;re, Tchekhov et Ibsen) on constate n&#233;anmoins qu'il s'agit en g&#233;n&#233;ral d'oeuvres classiques ou de r&#233;pertoire. La plupart de ces textes sont r&#233;guli&#232;rement port&#233;s &#224; la sc&#232;ne, l'originalit&#233; des Tg Stan ne consiste donc pas dans leurs choix de supports textuels. Non, c'est bien le travail qu'ils font &#224; partir, avec et autour de ces oeuvres qui nous fait revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;cificit&#233; et la qualit&#233; de ce travail s'expliquent notamment au moyen de leur syst&#232;me d'organisation : Tg Stan et Olympique dramatique sont des collectifs. Le terme collectif implique ici qu'il n'y a pas un metteur en sc&#232;ne qui dirige le travail d'acteur et d&#233;cide de l'adaptation. La responsabilit&#233; de chaque membre est engag&#233;e dans tous les aspects de la repr&#233;sentation. Il faut constater que cet engagement est suivi avec s&#233;rieux : la profondeur et la finesse du travail dramaturgique permettent de toucher au coeur de l'oeuvre et d'en d&#233;gager les aspects pertinents pour le spectateur contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la force de Tg Stan ne se limite pas &#224; leur travail dramaturgique. Ce qui marque les esprits, c'est &#233;galement, voire surtout, le jeu des acteurs et leur pr&#233;sence sc&#233;nique. Nous avons not&#233; qu'il s'agissait d'un collectif, il faut encore pr&#233;ciser que c'est un collectif d'acteurs. Leur parti pris est celui de l'autonomie : autonomie vis-&#224;-vis du metteur en sc&#232;ne mais &#233;galement vis-&#224;-vis des conventions th&#233;&#226;trales. Il s'agit de faire vivre le texte mais sans tomber dans l'illusion th&#233;&#226;trale. Au contraire, c'est en r&#233;v&#233;lant celle-ci au moyen d'un jeu oscillant entre distanciation et incarnation qu'une certaine v&#233;rit&#233; des personnages devient possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mode op&#233;ratoire fait &#224; nouveau ses preuves dans &#034;Het wijde land&#034; d'Arthur Schnitzer. Au centre de cette tragi-com&#233;die &#233;crite il y a un si&#232;cle (1911), l'&#233;crivain et m&#233;decin viennois interroge l'adult&#232;re, opposant ce qu'on en dit &#224; ce qu'on en pense. Le mensonge donc, vis-&#224;-vis des autres mais surtout, peut-&#234;tre, vis-&#224;-vis de soi-m&#234;me. Que se passe-t-il quand on pr&#233;tend s'&#234;tre d&#233;tach&#233; de tout sentiment ? A quel point avons-nous une ma&#238;trise sur nos vies ? Et comment r&#233;agir quand les masques commencent &#224; se fissurer et que les &#233;motions refont, malgr&#233; tout, surface ? Ami de Freud, Schnitzer s'est int&#233;ress&#233; &#224; la psychologie de l'Homme de son &#233;poque. Bien que la soci&#233;t&#233; ait &#233;volu&#233;e, les questions qu'il pose et les failles qu'il r&#233;v&#232;le sont toujours aussi actuelles, comme nous le donne &#224; voir cette adaptation. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ann&#233;e pass&#233;e nous avons f&#234;t&#233; les 150 ans de la naissance de cet auteur, &#034;Het wijde land&#034; est un bel hommage qui permet de continuer les festivit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Danse ali&#233;n&#233;e</title>
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		<dc:date>2013-11-28T17:59:24Z</dc:date>
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		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



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&lt;p&gt;La machine soumet l'homme, l'homme se soumet &#224; la machine, jusqu'&#224; ce qu'ils ne fassent plus qu'un. In&#233;vitablement, on pense &#224; Charlie Chaplin. Mais si Chaplin recourt au rire pour d&#233;noncer cet &#233;tat de chose, Abke Haring se limite &#224; une vision esth&#233;tisante au parti pris ambigu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rideau de sc&#232;ne se l&#232;ve sur cinq personnages fig&#233;s. Nous sommes dans une usine, l'&#233;quipe de nuit est l&#224;, en attente. En hauteur, une machine, un morceau de machine ind&#233;finissable capte nos regards. Sa mise en route d&#233;clenche le (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La machine soumet l'homme, l'homme se soumet &#224; la machine, jusqu'&#224; ce qu'ils ne fassent plus qu'un. In&#233;vitablement, on pense &#224; Charlie Chaplin. Mais si Chaplin recourt au rire pour d&#233;noncer cet &#233;tat de chose, Abke Haring se limite &#224; une vision esth&#233;tisante au parti pris ambigu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rideau de sc&#232;ne se l&#232;ve sur cinq personnages fig&#233;s. Nous sommes dans une usine, l'&#233;quipe de nuit est l&#224;, en attente. En hauteur, une machine, un morceau de machine ind&#233;finissable capte nos regards. Sa mise en route d&#233;clenche le mouvement du travailleur. Le ton est donn&#233;, l'homme est ali&#233;n&#233; &#224; la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;placements et les gestes sont pr&#233;cis, ob&#233;issant aux prescriptions du taylorisme. Quelque chose se fabrique, mais quoi ? L'usine est vide, figur&#233;e seulement par cet objet &#233;trange suspendu au plafond et l'immense &#233;chafaudage en fond de sc&#232;ne. Ce vide, cette ind&#233;termination de la production me semble enchev&#234;trer la soci&#233;t&#233; industrielle &#224; la soci&#233;t&#233; post-industrielle. L'une comme l'autre d&#233;poss&#232;de l'homme de lui-m&#234;me, en en faisant un rouage du syst&#232;me. Ali&#233;n&#233;, l'homme n'est plus ma&#238;tre de ses gestes qui sont d&#233;termin&#233;s par une structure qui le transcende. Ses phrases sont creuses, sa voix est monocorde, son &#234;tre se robotise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Trainer &#187;&lt;/strong&gt; peut &#234;tre abord&#233; en tant que chor&#233;graphie de cette ali&#233;nation. Le rythme est donn&#233; par les battements et grondements de la machine, la pr&#233;cision et la r&#233;p&#233;tition des mouvements &#233;voquent des pas de danse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gestes r&#233;p&#233;titifs et les phrases vides dont il a &#233;t&#233; question plus haut sont efficaces et nous interrogent : ces personnages totalement identifi&#233;s &#224; leur fonction sont-ils encore des sujets ? Et ce long monologue po&#233;tique prononc&#233; par l'un des protagonistes, est-il une tentative de retour &#224; l'humain ? On peut en effet penser qu'un &#171; je &#187; tente de s'affirmer au moyen de cette parole prise. Est-ce parce que ce retour est impossible que le propos est totalement obscur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce n'apportera pas de r&#233;ponse. &lt;strong&gt; Abke Haring&lt;/strong&gt;, qui a &#233;crit et mis en sc&#232;ne le texte, d&#233;clare vouloir &#171; parler de la d&#233;personnalisation et de la m&#233;canisation de la sensualit&#233; &#187;, pour cela, elle voit &#171; une chor&#233;graphie de mouvements et de textes &#187;. Cette description suffit &#224; r&#233;sumer le spectacle. Et c'est bien l&#224; le probl&#232;me. En effet, on voit cette chor&#233;graphie (fort habilement men&#233;e) et on comprend instantan&#233;ment qu'elle parle de la d&#233;personnalisation (la sensualit&#233;, quant &#224; elle, est provoqu&#233;e par la pr&#233;sence des corps sur sc&#232;ne). Elle en parle, certes, mais elle n'en dit rien. Elle se contente de montrer, de donner &#224; voir. Comme dans toute pi&#232;ce post-dramatique qui se respecte, le spectateur est pos&#233; comme responsable du sens : &#224; lui de le construire en fonction de ses perceptions et connaissances.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me semble que dans l'&#339;uvre en question, ce sens reste tr&#232;s faible si on ne fait pas appel &#224; un ensemble complexe de r&#233;f&#233;rences. D&#232;s lors c'est davantage &#224; une posture contemplative que le spectateur est r&#233;duit. Au th&#233;&#226;tre comme dans sa vie quotidienne, il observe l'ali&#233;nation &#224; l'&#339;uvre. Le parti pris esth&#233;tique du traitement de ce sujet, la d&#233;mission critique dont ce choix t&#233;moigne, donnent une vision peu optimiste de l'avenir qui s'offre &#224; nous&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La culture de l'autre : rencontre impossible ou question d'ouverture d'esprit ?</title>
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		<dc:creator> Karolina Svobodova </dc:creator>



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&lt;p&gt;Voir un spectacle de Kutiyattam (th&#233;&#226;tre traditionnel du Kerala) est une opportunit&#233; rare pour un habitant de notre plat pays, &#224; moins que celui-ci ne fasse le d&#233;placement jusqu'&#224; cette r&#233;gion situ&#233;e au sud de l'Inde. Le Th&#233;&#226;tre National &#233;tant nettement plus pr&#232;s, de nombreux spectateurs ont saisi la chance qui leur &#233;tait offerte d'assister &#224; une repr&#233;sentation de cette tr&#232;s ancienne forme artistique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, le spectateur europ&#233;en ne dispose pas des codes pour interpr&#233;ter ce qui lui est donn&#233; &#224; voir. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voir un spectacle de Kutiyattam (th&#233;&#226;tre traditionnel du Kerala) est une opportunit&#233; rare pour un habitant de notre plat pays, &#224; moins que celui-ci ne fasse le d&#233;placement jusqu'&#224; cette r&#233;gion situ&#233;e au sud de l'Inde. Le Th&#233;&#226;tre National &#233;tant nettement plus pr&#232;s, de nombreux spectateurs ont saisi la chance qui leur &#233;tait offerte d'assister &#224; une repr&#233;sentation de cette tr&#232;s ancienne forme artistique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le spectateur europ&#233;en ne dispose pas des codes pour interpr&#233;ter ce qui lui est donn&#233; &#224; voir. Aussi ce spectacle est l'occasion de s'interroger non seulement sur la part de culture n&#233;cessaire &#224; la r&#233;ception d'une oeuvre mais &#233;galement sur nos attentes vis-&#224;-vis du th&#233;&#226;tre en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, le spectateur ne peut &#234;tre que d&#233;muni : il ne sait pas ce que signifient les couleurs du maquillage recouvrant les visages des acteurs, il ne peut d&#233;chiffrer la langue des signes produite par le jeu des mains et des pieds, il ne comprend pas le sanskrit.... Mais a-t-il vraiment besoin de comprendre tout cela pour appr&#233;cier, pour &#234;tre touch&#233;, ou tout simplement se donner la possibilit&#233; de voyager ? Si le th&#233;&#226;tre est un lieu propice pour le d&#233;ploiement de l'imagination, il est r&#233;ducteur de cantonner l'exp&#233;rience du spectateur &#224; un exercice d'interpr&#233;tation ou de lecture des signes. Ce serait oublier, me semble-t-il, que le th&#233;&#226;tre, comme tout art par ailleurs, r&#233;side avant tout dans ce qui nous &#233;chappe, dans sa part de myst&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est peut-&#234;tre l&#224; quelque chose qu'il nous est difficile d'accepter. Comme le d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; Artaud dans &#034;Le th&#233;&#226;tre et son double&#034;, le th&#233;&#226;tre occidental a tendance &#224; concevoir le th&#233;&#226;tre uniquement sous l'aspect du th&#233;&#226;tre dialogu&#233;. Et c'est justement dans le th&#233;&#226;tre oriental qu'il a d&#233;cel&#233; ce qu'il qualifiait d'id&#233;e intacte du th&#233;&#226;tre, &#224; savoir un th&#233;&#226;tre d&#233;veloppant un langage concret, destin&#233; aux sens plut&#244;t qu'&#224; l'intellect, communiquant des pens&#233;es po&#233;tiques intraduisibles par le langage articul&#233;. Depuis lors, de nouvelles formes th&#233;&#226;trales se sont d&#233;velopp&#233;es quittant la narrativit&#233; pour explorer les formes sp&#233;cifiques de la th&#233;&#226;tralit&#233;. N&#233;anmoins, on peut remarquer que ces formes ne sont pas toujours bien re&#231;ues et que le spectateur se plaint r&#233;guli&#232;rement quand le spectacle ne lui semble pas suffisamment limpide, construit de signes directement lisibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tant donc pas en mesure de d&#233;coder ce qui lui est donn&#233; &#224; voir, le spectateur a un choix &#224; faire : rejeter d'un bloc ce qu'il a devant les yeux parce qu'il ne comprend pas et que, se dit-il, ce n'est pas pour lui, sa culture &#233;tant bien trop &#233;loign&#233;e de la culture indienne pour l'appr&#233;cier, ou bien, simplement, se laisser capturer par le m&#233;lange des sons, des images, des mouvements qui nous viennent de la sc&#232;ne. Si on opte pour le deuxi&#232;me choix, on pourra faire l'exp&#233;rience de ce joli paradoxe habitant de nombreuses &#339;uvres po&#233;tiques : ce n'est qu'en rel&#226;chant la tension de la n&#233;cessit&#233; du sens, qu'une certaine compr&#233;hension pourra se d&#233;velopper en nous. Peut-&#234;tre qu'elle ne sera pas traduisible oralement (pour en revenir &#224; Artaud), mais n'est-ce pas avant tout une exp&#233;rience que nous venons chercher au th&#233;&#226;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La salle s'est divis&#233;e entre les spectateurs qui ont fait le choix de l'ethnocentrisme et de la fermeture des sens et ceux qui ont tent&#233; l'exp&#233;rience. Les premiers ont quitt&#233; la salle tout au long de la repr&#233;sentation, les seconds se sont montr&#233;s cons&#233;quents avec ce qui nous a r&#233;uni dans cette salle...une certaine curiosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:kaia.svobodova@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Karolina Svobodova&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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