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	<title>Demandez Le Programme</title>
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	<description>Demandezleprogramme est un agenda culturel et interactif en ligne, qui permet la rencontre entre les lieux culturels, les internautes et les artistes.</description>
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		<title>Demandez Le Programme</title>
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		<title>Moli&#232;re &#224; la saveur tg STAN</title>
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		<dc:creator> Martin Edgar </dc:creator>



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&lt;p&gt;Il ne faut certes pas s'attendre, avec le tg STAN, &#224; une adaptation classique de l'Avare et du Bourgeois Gentilhomme de Moli&#232;re : d'avance on sait que les joyeux lurons et com&#233;diens immenses du collectif flamand vont servir ces textes classiques &#224; leur sauce : impertinente, inventive, d&#233;tonante. Et surtout en laissant une place centrale, par l'interpr&#233;tation du texte, au d&#233;ploiement du jeu d'acteur. C'est peu de dire que l'on n'est pas d&#233;&#231;u ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Reprenons la gen&#232;se. Le collectif tg STAN se forme &#224; la fin (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.demandezleprogramme.all2all.org/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il ne faut certes pas s'attendre, avec le tg STAN, &#224; une adaptation classique de l'Avare et du Bourgeois Gentilhomme de Moli&#232;re : d'avance on sait que les joyeux lurons et com&#233;diens immenses du collectif flamand vont servir ces textes classiques &#224; leur sauce : impertinente, inventive, d&#233;tonante. Et surtout en laissant une place centrale, par l'interpr&#233;tation du texte, au d&#233;ploiement du jeu d'acteur. C'est peu de dire que l'on n'est pas d&#233;&#231;u !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Reprenons la gen&#232;se. Le collectif tg STAN se forme &#224; la fin des ann&#233;es 80, fond&#233; par Jolente De Keersmaeker, Damiaan De Schrijver et Frank Vercruyssen &#8211; qu'on retrouve dans Poquelin II &#8211; &#224; la sortie du Conservatoire d'Anvers. Leur credo est d'appliquer un fonctionnement collectif total dans chaque prise de d&#233;cision et de mettre en lumi&#232;re le com&#233;dien dans sa force de cr&#233;ation et d'interpr&#233;tation : la d&#233;mocratie et l'invention au pouvoir ! Dans le r&#233;pertoire pluriel du tg STAN, on avait d&#233;j&#224; vu appara&#238;tre Moli&#232;re avec Poquelin en 2003. Quelques ann&#233;es plus tard, et apr&#232;s une cr&#233;ation en n&#233;erlandais, Poquelin II est adapt&#233; dans sa version fran&#231;aise, et joue sa premi&#232;re belge au Th&#233;&#226;tre des Tanneurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce, maintenant. Partant des textes de l'Avare et du Bourgeois Gentilhomme, jou&#233;s tour &#224; tour sur le m&#234;me espace relativement nu (une estrade en bois sur et autour de laquelle gravitent les com&#233;diens), la trame de Moli&#232;re trouve une vibration nouvelle dans le verbe et la verve du tg STAN. Ici, l'on grossit les traits des jeux d'amour, les quiproquos, les caract&#232;res. L'avarice d'Harpagon (Willy Thomas) et le ridicule Monsieur Jourdain (Damiaan De Schrijver) se voulant noble sont accentu&#233;s &#224; l'extr&#234;me, rendant les intrigues &#224; la fois cousues de fil blanc et d&#233;sopilantes. Ce sont des &#233;l&#233;phants dans des magasins de porcelaine, mais des &#233;l&#233;phants distillant avec un rythme grandiose les saillies verbales de Moli&#232;re et revisitant sa force comique &#224; partir de la mati&#232;re vivante du texte. Il faut voir le monologue de la cassette ponctu&#233; de grands gestes, la d&#233;rision des r&#233;v&#233;lations avec ses grands &#034;oh&#034;, ses gros &#034;ah&#034;, ou le d&#233;fil&#233; farcesque des professeurs se jouant de la cr&#233;dulit&#233; du bourgeois arriviste... Le grotesque trouve une plus belle expression encore par le truchement des costumes, mi-kitsch mi-absurde, et le jeu autour du fran&#231;ais ancien dont on s'amuse des difficult&#233;s et des faux rythmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu, surtout ! C'est l&#224; le sel de ce spectacle : s'appropriant ces deux pi&#232;ces classiques et leur port&#233;e burlesque, la place centrale est laiss&#233;e au com&#233;dien. Et chacun, chacune sur cette estrade en bois semble prendre un malin plaisir &#224; revisiter Moli&#232;re, ses conflits verbaux, ses transitions exag&#233;r&#233;es, ses coups de th&#233;&#226;tre. Pouss&#233;s &#224; leur paroxysme, les personnages caract&#233;ris&#233;s s'amusent d'eux-m&#234;mes, et par l&#224; ce sont les com&#233;diens qui s'amusent dans le jeu. Rayonnants, cr&#233;atifs, extravagants, ils se partagent la sc&#232;ne avec une joie d&#233;jant&#233;e pour prendre et d&#233;caler la mesure du texte dans une libert&#233; qui fait plaisir &#224; voir. L'arriv&#233;e du consul turc et le mariage dansant illustrent bien cela : la com&#233;die prend son &#233;lan sur le texte pour s'envoler &#224; la faveur du jeu des com&#233;diens, s'amusant de la langue et du th&#233;&#226;tre de Moli&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>A la question de la Palestine, r&#233;pondre par une multitude de voix (ou le th&#233;&#226;tre comme r&#233;flexion joyeuse)</title>
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		<dc:creator> Martin Edgar </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Au th&#233;&#226;tre Oc&#233;an-Nord, Adeline Rosenstein propose un documentaire en six &#233;pisodes sur la &#034;question de la Palestine&#034;. Un spectacle-conf&#233;rence important, qui met une bonne dose de relief dans cette &#233;pineuse notion g&#233;o-politique en convoquant plusieurs voix et en d&#233;cortiquant le fait historique. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une ambition artistique, mais &#233;galement identitaire qui anime Adeline Rosenstein avec d&#233;cris-ravage : &#224; partir de textes &#233;crits ou recueillis puis mis en sc&#232;ne, elle consacre une r&#233;flexion fleuve et critique (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au th&#233;&#226;tre Oc&#233;an-Nord, Adeline Rosenstein propose un documentaire en six &#233;pisodes sur la &#034;question de la Palestine&#034;. Un spectacle-conf&#233;rence important, qui met une bonne dose de relief dans cette &#233;pineuse notion g&#233;o-politique en convoquant plusieurs voix et en d&#233;cortiquant le fait historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une ambition artistique, mais &#233;galement identitaire qui anime Adeline Rosenstein avec d&#233;cris-ravage : &#224; partir de textes &#233;crits ou recueillis puis mis en sc&#232;ne, elle consacre une r&#233;flexion fleuve et critique sur l'histoire du territoire palestinien/isra&#235;lien. A la d&#233;mesure th&#233;orique de ce projet r&#233;pond une &#233;conomie de moyens. Un pupitre, qui permet &#224; l'artiste de d&#233;cliner les paroles, quatre com&#233;dien.ne.s, Marie Alli&#233;, Salim Djaeferi, L&#233;a Drouet, C&#233;line Ohrel, prenant le r&#244;le d'assistant.e.s de la conf&#233;renci&#232;re, et en guise de d&#233;cor, des portes dress&#233;es sur lesquelles sont projet&#233;s des documents, qui ne sont que de boulettes de papier mouill&#233;. C'est en effet sans images, sans artifices, comptant seulement sur la force des paroles crois&#233;es, le soin de l'explication et le langage des corps que repose cette fresque. Scand&#233;e par six &#233;pisodes, la pi&#232;ce sort ainsi des repr&#233;sentations documentaires habituelles pour concentrer l'effort sur l'intelligibilit&#233; et la mise en corps des faits historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des &#233;pisodes, un canevas historique appara&#238;t, depuis les conqu&#234;tes napol&#233;oniennes. Plusieurs jalons sont pos&#233;s, discut&#233;s et analys&#233;s ; la colonisation imp&#233;riale, l'empire ottoman, le g&#233;nocide arm&#233;nien, la th&#233;orie des races, les guerres mondiales, le mandat britannique d'Isra&#235;l, le plan de partage de la Palestine, l'ind&#233;pendance et l'&#201;tat-Nation du peuple Juif... Cependant, la trame ne s'inscrit pas dans une lin&#233;arit&#233;, au contraire (l'illusion du lin&#233;aire est d'ailleurs avanc&#233;e comme argument, ne permettant qu'une compr&#233;hension simplifi&#233;e voire simpliste des &#233;v&#233;nements). Toute la d&#233;marche de d&#233;cris-ravage se situe dans la mise en relief de l'&#233;v&#233;nement, le fait m&#234;me de l'&#233;v&#233;nement et la mani&#232;re dont l'&#233;v&#233;nement mue dans son traitement historique. D&#232;s lors, les repr&#233;sentations fig&#233;es ou la logique implacable d'un cours d'histoire scolaire s'envolent en &#233;clats, par la multiplication des sources, des voix et le traitement des repr&#233;sentations qui bouleversent la nature m&#234;me des &#233;v&#233;nements. L'ambition d'effacer les fausses images du pass&#233; pour les corriger anime ce documentaire : pour cela, les proc&#233;d&#233;s th&#233;&#226;traux de ce th&#233;&#226;tre-&#233;conomie am&#232;nent une compr&#233;hension nouvelle des &#233;v&#233;nements. Par exemple, pour &#233;tablir la carte du Moyen-Orient de 1830 &#224; notre &#233;poque, la vue simplifi&#233;e des diff&#233;rentes puissances mim&#233;e par les gestes de com&#233;diens s'enrichit des rapports de pouvoir existant et se complexifie des diff&#233;rentes minorit&#233;s &#233;tant pr&#233;sentes dans ces territoires. Raconter l'histoire, c'est pour Adeline Rosenstein prendre du recul pour mieux sauter : chaque fait m&#233;rite d'&#234;tre analys&#233; objectivement, &#224; la double lumi&#232;re de sa contemporan&#233;it&#233; et de notre &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; la force de d&#233;cris-ravage : &#234;tre un passionnant, prolifique aller-retour entre un pass&#233; historique &#224; d&#233;construire et un pr&#233;sent politique s'incarnant dans la pi&#232;ce. La r&#233;flexion sur la question de la Palestine s'effectue par ricochets sur les contextes g&#233;o-politiques mouvants et les regards qu'on y porte. Pour cela, le parti pris est de multiplier les approches pour se mettre en situation de compr&#233;hension : convoquer les auteurs arabes, repr&#233;senter les rencontres avec les historiens, engager des chantiers de traduction, se permettre des apart&#233;s explicatives sur l'&#233;tymologie du g&#233;nocide ou la d&#233;finition de la race... Tout, dans d&#233;cris-ravage, porte la volont&#233; d'expliquer, et d'expliquer diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, l'ambition de la Question n'appelle pas &#224; une r&#233;ponse, seulement &#224; des &#233;l&#233;ments de contextualisation analys&#233;s dans une perspective critique, performative qui se veut objective. Le trac&#233; documentaire et l'exigence scientifique d&#233;samorcent toute possibilit&#233; path&#233;tique ou sentimentale. Le fil conducteur se d&#233;lie, volontairement : il s'agit alors autant d'interroger cette &#171; question palestinienne &#187; que les processus de colonisation, d'alliances politiques, de gouvernance, mais &#233;galement les proc&#233;d&#233;s sc&#233;niques, par les paroles crois&#233;es, l'&#233;criture gestuelle, le jeu incarn&#233;, pour d&#233;brayer de nouveaux chemins de compr&#233;hension. Un travail pr&#233;cis, dense, alliant le gai savoir nietzsch&#233;en &#224; l'exploration du th&#233;&#226;tre documentaire, dont on sort grandi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tentatives pour sortir de la Quarantaine</title>
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		<dc:creator> Martin Edgar </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est une double reprise &#224; laquelle on assiste, dans le tr&#232;s vertical Th&#233;&#226;tre de la Vie donnant un surplomb puissant &#224; la sc&#232;ne : la reprise de la programmation dans cet ancien b&#226;timent industriel, et la reprise de Quarantaine, la troisi&#232;me cr&#233;ation de Vincent L&#233;cuyer (2019). A l'&#233;criture et &#224; la mise en sc&#232;ne, l'artiste d&#233;cline une variation sur la violence, par le prisme d'Elisabeth et de ses d&#233;rives. Avec la prime &#224; la parole comme bou&#233;e de sauvetage potentielle et la force des interpr&#232;tes sublimes, cette (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est une double reprise &#224; laquelle on assiste, dans le tr&#232;s vertical Th&#233;&#226;tre de la Vie donnant un surplomb puissant &#224; la sc&#232;ne : la reprise de la programmation dans cet ancien b&#226;timent industriel, et la reprise de Quarantaine, la troisi&#232;me cr&#233;ation de Vincent L&#233;cuyer (2019). A l'&#233;criture et &#224; la mise en sc&#232;ne, l'artiste d&#233;cline une variation sur la violence, par le prisme d'Elisabeth et de ses d&#233;rives. Avec la prime &#224; la parole comme bou&#233;e de sauvetage potentielle et la force des interpr&#232;tes sublimes, cette pi&#232;ce est d&#233;finitivement &#224; d&#233;couvrir !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'espace sc&#233;nique symbolise &#224; l'appartement d'Elisabeth : le bois, les briques et les (sublimes) toiles-pendrillons cousues nous confortent dans cette id&#233;e. Il est &#233;galement un espace mental, o&#249; la parole performative r&#233;sonne et se cogne. La femme, engonc&#233;e dans sa robe de chambre et dans sa quarantaine (l'&#226;ge comme l'isolement), re&#231;oit la visite de plusieurs de ses semblables humains. L'infirmi&#232;re Val&#233;ria, d&#233;vou&#233;e mais brutale, Gabriel, un ancien &#233;l&#232;ve de cette ancienne institutrice, et un autre homme, myst&#233;rieux, distribuant sa vue philosophique et s&#233;ductrice. Autrement dit, Elisabeth est seule, terrible, perdue. Dans les relations d&#233;cousues, on retisse la trame de ses n&#233;vroses : sa m&#233;moire d&#233;faillante, son sommeil intermittent, son traumatisme face &#224; l'enfant connard dont elle a, ''bon dieu de bon dieu de bon dieu&#034;, fracass&#233; le cr&#226;ne contre celui d'un autre de ses &#233;l&#232;ves. &#201;galement, elle est spectatrice d'une guerre qui se joue, avec deux soldats coinc&#233;s au front et dans une joute verbale. M&#233;taphorique ou r&#233;elle, cette guerre qui semble se jouer au dedans d'Elisabeth met en lumi&#232;re le point n&#233;vralgique de la cr&#233;ation : l'ampleur de la parole. L'ennemi ne semble pas &#234;tre militaire, mais bien relationnel, et la seule mani&#232;re de le vaincre est de l'inonder de voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Vincent L&#233;cuyer, avec Quarantaine, cis&#232;le les dialogues, explore les paroles de m&#233;moire, de trouble, de pulsion en donnant la part belle &#224; la fois aux &#233;changes et aux monologues. Avec l'intention de montrer le d&#233;crochage et l'ostracisation par le prisme d'Elisabeth, la pi&#232;ce interroge : que se passe-t-il quand l'abandon prend toute la place ? Quels visages s'invente-t-on pour peupler le quotidien, quelles formes doit prendre la n&#233;cessaire consolation ? L'obsession des photos, des livres ouverts et poussi&#233;reux, de l'ancien &#233;l&#232;ve admirateur rappellent au souvenir de ce qui f&#251;t, &#224; l'&#233;preuve du temps et de la vieillesse. Il faut, pour d&#233;nouer le n&#339;ud de cette intrigue, parler, parler jusqu'&#224; l'explosion et &#224; l'&#233;motion pour esp&#233;rer une renaissance. Pour sortir de la quarantaine et faire l'amnistie avec soi-m&#234;me et avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme dit Peggy Thomas, directrice du Th&#233;&#226;tre de la Vie dans l'&#233;dito de la Saison 20-21, &#034;Oui des po&#232;tes. Oui des artistes. [...] Pour partager. Pour se rappeler notre humanit&#233;&#034;. Brillamment, avec force, Quarantaine vient &#233;pouser cette parole en donnant &#224; la violence un sursaut de consolation. Si plusieurs lectures m&#233;taphoriques, relatives aux diff&#233;rentes r&#233;alit&#233;s, se juxtaposent dans Quarantaine, toutes se rejoignent dans la possibilit&#233; de sauver Elisabeth. Ou quand l'exploration des violences &#233;bauche une possible br&#232;che d'espoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Mode d'emploi d&#233;sordonn&#233; d'un tumulte &#224; cr&#233;er</title>
		<link>https://www.demandezleprogramme.all2all.org/Mode-d-emploi-desordonne-d-un-tumulte-a-creer</link>
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		<dc:creator> Martin Edgar </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Aux Riches-Claires, Parac&#233;tamol Exp&#233;rience, mis en sc&#232;ne par Doroth&#233;e Schoonooghe pour et avec le TraceS collectif, pose intens&#233;ment les questions d'une remise en perspective de nos mod&#232;les de soci&#233;t&#233; et les conditions d'un th&#233;&#226;tre participatif. Se laisser surprendre par l'exp&#233;rience, c'est s'offrir la possibilit&#233;, en tant que spectateur et en tant qu'individu, d'interroger nos repr&#233;sentations. Alors, on fait quoi maintenant ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme on est venus assister et participer &#224; une exp&#233;rience, c'est aux aguets que (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux Riches-Claires, Parac&#233;tamol Exp&#233;rience, mis en sc&#232;ne par Doroth&#233;e Schoonooghe pour et avec le TraceS collectif, pose intens&#233;ment les questions d'une remise en perspective de nos mod&#232;les de soci&#233;t&#233; et les conditions d'un th&#233;&#226;tre participatif. Se laisser surprendre par l'exp&#233;rience, c'est s'offrir la possibilit&#233;, en tant que spectateur et en tant qu'individu, d'interroger nos repr&#233;sentations. Alors, on fait quoi maintenant ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme on est venus assister et participer &#224; une exp&#233;rience, c'est aux aguets que l'on arrive aux Riches-Claires, vivement sollicit&#233;s par un h&#244;te entreprenant. Chacun et chacune passe par le plateau, comme un rituel d'accueil pour, sous les bons soins de Nejm, se laver les mains et r&#233;cup&#233;rer la feuille, &#034;l'arc&#034;, et le stylo, &#034;la fl&#232;che&#034;. C'est dans une ambiance chaleureuse, presque cabaretesque, que l'on s'amuse de ce d&#233;fil&#233; de spectateurs et du soin apport&#233; par notre h&#244;te pour prendre de nos nouvelles, nous soulager de nos peines, et imperceptiblement d&#233;j&#224; essayer de nous cerner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique est connue, le m&#233;canisme huil&#233; : lorsqu'une question s'affiche et qu'un micro est install&#233;, le th&#233;&#226;tre participatif de la Parac&#233;tamol Experience peut se mettre en place : &#034;Doit-on panser ou repenser le monde ?&#034;. Les m&#233;ninges s'activent sur les bouts de papier pr&#233;alablement distribu&#233;s. Notre cher h&#244;te tient son r&#244;le &#224; merveille, s'amusant des noms retenus et du r&#233;pondant qu'il arrive &#224; titiller dans la salle. Sa logorrh&#233;e compos&#233;e de citations et de maximes est amusante, parfois piquante. Il invite &#233;nergiquement les spectateurs &#224; venir lire leurs r&#233;ponses, les interdit d'applaudir, se joue de sa position de pouvoir obtenu &#224; la fois par sa parole et son biais de sympathie... jusqu'&#224; d&#233;raper dans une tyrannie glissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une jeune femme sortie du public, s'av&#233;rant &#234;tre finalement la com&#233;dienne Laurence Katina, se retrouve d&#233;shabill&#233;e, arros&#233;e, enroul&#233;e dans du film plastique, c'est toute la salle qui monte d'un cran. L'exp&#233;rience Parac&#233;tamol peut commencer : quelles r&#233;actions adopter ? Comment prendre la parole, interroger la notion de chef, remettre en cause le pouvoir incarn&#233; par ce Nejm tout de suite moins chaleureux ? Comment tester l'acceptation d'un public h&#233;t&#233;roclite &#224; la vue d'une femme agress&#233;e verbalement et physiquement sous couvert de m&#233;taphore du pouvoir et dans un cadre que l'on sait th&#233;&#226;tral ? Les r&#233;ponses varient et font le sel de cette cr&#233;ation : un spectateur, tout &#224; coup, se jette sur la sc&#232;ne pour emp&#234;cher cela et invite le public &#224; l'y rejoindre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant ?&#034; La suite de l'exp&#233;rience, une fois les acteurs et actrices ayant bondis de la salle &#224; la sc&#232;ne, d&#233;cline les possibles r&#233;ponses aux actions, aux tentatives &#224; mettre en &#339;uvre pour un vivre-mieux commun et global. L'amour, le d&#233;sir de cr&#233;ation, la remise en question des syst&#232;mes capitalistes s'encha&#238;nent via la parole des com&#233;diens. Une &#034;urgence &#224; cr&#233;er&#034; des mod&#232;les alternatifs et des structures de pens&#233;e appara&#238;t comme un leitmotiv commun. Cela r&#233;sonne avec les mots de Vincent Macaigne et son &#034;SMS de Cologne&#034;, r&#233;flexion po&#233;tique et politique qui, avec ampleur, d&#233;clame qu'il est important et n&#233;cessaire de &#034;croire que &#231;a n'a pas &#233;t&#233; rien de se rencontrer les uns les autres&#034;. Comme un symbole, l'exp&#233;rience s'ach&#232;ve sur une danse de transmission entre les performers et quatre spectateurs, pendant la d&#233;clamation du monologue final : c'est le flambeau de la cr&#233;ation, les lions qui veulent y croire, la force du faire et du faire encore, r&#233;p&#233;tant les gestes, les preuves d'existence, qui s'expriment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parac&#233;tamol Exp&#233;rience, faisant le pari du th&#233;&#226;tre participatif, se veut une large interrogation sur nos mani&#232;res d'&#234;tre, d'interagir. Les mod&#232;les de nos vies sont interrog&#233;s sur un mode tant&#244;t politique, tant&#244;t po&#233;tique. Si on peut regretter une structure parfois d&#233;cousue dans l'abondance de sujets abord&#233;s, on peut &#233;galement saluer la performance d'interpr&#233;tation, l'&#233;nergie des com&#233;diens et l'inventivit&#233; de la sc&#233;nographie et des costumes. Le postulat de cette cr&#233;ation collective de choisir, chaque soir, un h&#244;te ou une h&#244;tesse diff&#233;rent.e, enrichit la compr&#233;hension de cette matrice exp&#233;rientielle sur laquelle la r&#233;action du public, la parole des individus et l'interpr&#233;tation des com&#233;diens donnent &#224; voir &#224; chaque repr&#233;sentation une &#339;uvre unique. Alors on se surprend &#224; &#034;Pr&#233;f&#233;rer les tumultes/ Vouloir toujours se refaire&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Zoo, la difficile et r&#233;jouissante entreprise d'&#234;tre en vie</title>
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		<dc:date>2020-09-19T09:46:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Martin Edgar </dc:creator>



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&lt;p&gt;La nouvelle cr&#233;ation de Jean Le Peltier, formidable conteur th&#233;&#226;tral, nous emm&#232;ne dans les entrelacs d'un verbe d&#233;li&#233; explorant les peurs et les imperfections. Dans son paysage montagneux et mental, il invite &#224; consid&#233;rer nos failles pour y laisser passer la lumi&#232;re. Une exploration th&#233;&#226;trale, performative et fabuleuse donnant corps &#224; l'empathie. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'Atelier 210, la chor&#233;graphie du coronavirus donne une saveur particuli&#232;re &#224; cette ouverture de saison, en n'enlevant rien &#224; la joie de retrouver une salle (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La nouvelle cr&#233;ation de Jean Le Peltier, formidable conteur th&#233;&#226;tral, nous emm&#232;ne dans les entrelacs d'un verbe d&#233;li&#233; explorant les peurs et les imperfections. Dans son paysage montagneux et mental, il invite &#224; consid&#233;rer nos failles pour y laisser passer la lumi&#232;re. Une exploration th&#233;&#226;trale, performative et fabuleuse donnant corps &#224; l'empathie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'Atelier 210, la chor&#233;graphie du coronavirus donne une saveur particuli&#232;re &#224; cette ouverture de saison, en n'enlevant rien &#224; la joie de retrouver une salle pleine &#8211; aux bulles de distanciation physique pr&#232;s &#8211; et un spectacle enthousiasmant. Pour ouvrir le bal 20/21, Jean Le Peltier nous pr&#233;sente Zoo, sa nouvelle cr&#233;ation. Et quel plaisir de (re)d&#233;couvrir, dans le caniculaire &#233;t&#233; indien bruxellois, la moustache et le verbe de ce touche-&#224;-tout, &#224; la fois auteur, metteur en sc&#232;ne et interpr&#232;te !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une &#233;conomie de moyens sc&#233;niques laissant une grande part &#224; l'imagination et &#224; la parole, Zoo d&#233;ploie, autour des Lacs Robert, au-dessus de Grenoble, les r&#233;cits tiss&#233;s de trois personnages inadapt&#233;s : Jean-Jean, un artiste na&#239;f, Gioia, une lieutenant en randonn&#233;e et Gr&#233;goire, estimant de pr&#232;s la possibilit&#233; d'un suicide. Polyphone, Jean Le Peltier assume ces individualit&#233;s dans leurs questionnements avec une sensibilit&#233; touchante, &#224; nue. C'est le pr&#233;texte de photographie d'une cha&#238;ne humaine, projet artistico-solidaire de Jean-Jean, qui am&#232;ne le d&#233;veloppement du r&#233;cit qui, volontiers, digresse dans des zig-zags de pens&#233;e et les diff&#233;rents niveaux narratifs. Avec Zoo, la r&#233;sistance de chacun &#224; ses propres limites autant que la relation aux intelligences num&#233;riques sont interrog&#233;es. Ainsi de la narratrice omnisciente qui, &#224; travers les appareils num&#233;riques, espionne les existences d'autrui ; ainsi de Pedro, le robot-caillou, assistant de Jean-Jean qui s'essaie humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part de Zoo, ce sont les &#034;zooids&#034;, de mini-robots, pouvant se d&#233;placer et assister l'homme pour des taches b&#233;nignes. Devant un de ces prototypes enray&#233; et ralenti, Jean Le Peltier ressent une &#233;motion profond&#233;ment humaine : l'empathie. C'est bien l&#224; le c&#339;ur du sujet et le nerf du spectacle : la cr&#233;ation de situations de compr&#233;hension et d'empathie dans lesquelles l'artiste, en les incarnant, essaie de d&#233;cortiquer ses personnages dans leurs intentions et leurs interactions. Jean-Jean, dans sa performance artistique avort&#233;e de la &#034;naturalit&#233; &#187;, se confronte au manque de consid&#233;ration de ses contemporains. Gioia et son humour d&#233;routant et pince-sans-rire s'av&#232;re vuln&#233;rable dans sa faiblesse de tout ce qui inclut des chiffres. Et Gr&#233;goire, son licenciement r&#233;cent et son humanit&#233; enfouie faisant d&#233;cliner les interrogations existentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le grand tapis gris faisant office de sc&#232;ne, de montagnes et de lacs, Jean Le Peltier nous entra&#238;ne dans cet exercice d'empathie, en donnant enveloppe aux fragilit&#233;s. En d&#233;cortiquant le &#034;faire-semblant&#034; du th&#233;&#226;tre, enrobant son spectacle d'adresses assum&#233;es au public, il donne &#224; voir, en sensibilit&#233;, la beaut&#233; de l'humain et la gouaille de la parole dans une fable profond&#233;ment rassurante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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